Le parcours de Louisville relève du scénario hollywoodien, des émotions que seul le sport de haut niveau peut procurer, une histoire à l’américaine comme on les aime digne des plus grands dramaturges. Elle prend forme un soir de 31 mars 2013, les Cardinals sortent d’une saison régulière plutôt solide avec 26 victoires pour 5 défaites, l’université entraînée par Rick Pitino fait clairement partie des prétendantes pour remporter le titre NCAA. Mais le chemin vers un trophée est toujours semé d’embuches, nous ne croyons pas si bien dire…

La blessure de Kevin Ware

Capture d’écran 2013-12-30 à 16.56.55Indianapolis, Lucas Oil Stadium, finale régional du tournoi Elite 8. Louisville retrouve Duke, deux coachs de légende s’affrontent Rick Pitino (Cardinals) et Mike Krzyzewski (Blue Devils), vingt et un ans après leur dernière confrontation en tournoi NCAA.

Le match est serré pendant les dix premières minutes, les équipes ne se donnent rien, Louisville s’appuie toujours sur une défense de fer, et très haute pour provoquer des pertes de balles et forcer Duke à la faute. Puis, à six minutes et trente secondes de la fin de la première période, le tournant du match. Sur une tentative de contre, Kevin Ware se réceptionne mal… Crac ! Il subit une fracture ouverte de la jambe ! La scène est horrible, le Lucas Oil Stadium s’est éteint comme un seul homme, les joueurs sont sous le choc, à terre ou en pleurs en voyant la blessure du joueur, une des plus terribles de l’histoire.

Mais il y a un match a terminé, Kevin Ware plein de courage et de force lance à son coach et ses coéquipiers une dernière phrase avant d’être évacué : « allez gagner pour moi »

Cette phrase sonna comme un électrochoc pour les Cardinals qui se transcenderont tout le reste de la partie. Porté par son back-court Peyton Siva (16 points) et Russ Smith (23 points) élu meilleur joueur du tournoi régional. Ils assommeront les Blue Devils de Duke en toute fin de rencontre pour l’emporter 85-63 et aller chercher la qualification au Final Four promise à Kevin Ware. L’histoire est en marche…

Win for Ware

Toute l’Amérique et la planète basket va subitement s’émouvoir de cette histoire magnifique. Les messages de soutien pour l’ailier des Cardinals et son équipe affluent des quatre coins du monde. La March Madness et encore plus le Final Four est l’un des évènements les plus suivis aux Etats-Unis, tout le monde supporte son équipe et parie sur son bracket. Mais cette année les 4 derniers billets pour tenter de décrocher le titre national étaient attribués à Syracuse, la surprenante Wichita State, Michigan et Louisville.

media_79a9906d75234a0fa5a1afa4fbbefca0_t6076 avril, en demi-finale, les Cardinals croisent la route des Shockers de Wichita State, l’équipe surprise mais solide de ce tournoi final. Malmenés par les jaunes et noirs, Louisville compte jusqu’à 12 points de retard à treize minutes de la fin. Russ Smith (21 points) tente tant bien que mal de tenir le bateau à flot.
Seulement, Rick Pitino garde un dernier atout de choix dans sa manche, Luke Hancock (20 pts, 4 rbds, 2 pds et 2 steals en 31 minutes) qui en sortie de banc va venir planter deux banderilles primées ultras clutchs pour permettre à Louisville de prendre rendez-vous avec l’histoire. Les Cardinals s’imposent sur le fil, 72 à 68 et affronteront les Wolverines de Michigan tombeurs de Syracuse dans l’autre demi-finale.

8 avril, finale du Final Four au Georgia Dome d’Atlanta, dans une ambiance surchauffée par les 74 326 spectateurs (record pour une finale universitaire). Tous les yeux sont rivés sur l’équipe du moment Louisville, qui affronte Michigan et sa jeune garde de « fils de » avec Tim Hardaway Jr., Glen Robinson III, mais aussi Mitch McGary, Nick Stauskas et Trey Burke récemment élu meilleur joueur de la saison. 20 ans après le Fab Five, Michigan retrouve la finale.

Trey Burke démarre en fanfare avec un 5 points inscrits dès le début, il veut démontrer que son heure a sonné et veut tout rafler avant de partir en NBA. Les Wolverines font pleuvoir les trois points, leur adresse est « on fire », T. Burke, N. Stauskas, et même le remplaçant venu du bout du banc Spike Albrecht (4 paniers primés successifs) donnent douze points d’avances à quelques minutes de la fin de la première période. Mais c’était sans compter sur le pompier de service des Cardinals, Luke Hancock pour éteindre très vite le feu répandu par Michigan. Il plante 4 tirs à trois points sur autant de possession pour ramener Louisville dans le sillage des Wolverines à la mi-temps (38-37).

media_889170b39aca41539e9c2103756997c2_t607Match d’une intensité rare, la seconde période marque le retour de la défense poison, très haute et oppressante, instaurée par Rick Pitino. Michigan commence à perdre des ballons, Peyton Siva (18 pts, 6 rbds, 5 pds, 4 int) imprime le tempo, et prend le dessus sur Trey Burke (24 points) dans les moments clés pour essayer de se détacher. Mais c’est une nouvelle fois Luke Hancock (22 points à 5/5 à trois points) qui enterre les derniers espoirs de Michigan avec un tir primé à 3 minutes du buzzer final pour donner dix points d’avance à Louisville. Les Wolverines ont les deux genoux à terre. Les teammates et Rick Pitino commencent à exulter sur le banc avec Kevin Ware tout sourire, assis au bord du terrain. Score final : 82-76, L. Hancock est élu M.O.P., Louisville décroche le troisième titre de son histoire.

Les hommes de Rick Pitino ont tenu leurs promesses, celle d’offrir le titre à leur coéquipier K. Ware, victime d’une blessure terrible, et celle de faire entrer leur coach dans l’histoire en devenant le premier à soulever le titre suprême avec deux universités différentes.

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Luke Hancock, ce (super) héros

luke_hancockVéritable baromètre des Cardinals toute la saison, Luke Hancock a choisi le meilleur moment pour endosser son costume « super sixième homme » pour sortir de l’ombre. Le remplaçant de luxe, sauveur une première fois de Louisville en demi-finale grâce à ses trois points décisifs en fin de match pour permettre aux Cardinals de passer devant puis l’autre pour mettre Wichita State sous l’eau. En finale, Hancock fracasse tout sur son passage, il ramène Louisville au contact de Michigan avant la mi-temps en alignant 4 tirs à trois points de suite. Le 5ème arrive à trois minutes du terme pour prendre dix points d’avance et verrouiller la victoire.

Luke Hancock termine la finale avec 22 points (5/5 à trois points), 3 passes et 2 interceptions en 30 minutes. Pour la première fois de l’histoire un joueur venu du banc rafle le titre de M.O.P. (Most Outstanding Player) dans un tournoi de Final Four.

 

 

Rick Pitino, un peu plus dans l’histoire

Capture d’écran 2013-12-30 à 15.28.43À 60 ans, fraichement intronisé au Hall of Fame, Rick Pitino devient le premier entraineur de l’histoire à remporter deux titres de champion NCAA avec deux universités différentes (Kentucky en 1996 et Louisville en 2013). Seul entraineur à avoir mener trois équipes différentes (Providence, Kentucky, Louisville) au Final Four. Le coach d’origine italienne, aux commandes des Cardinals depuis 2001, permet à Lousville de remporter le troisième titre de son histoire et établit le record de victoires sur une saison pour l’université avec un bilan de 35 victoires pour 5 défaites.

Le basket offre des exploits, des histoires extraordinaires, celle de Louisville en 2013 en fait partie, tout était réuni pour que le happy end soit parfait. Le titre en poche, et quelques joueurs partis tenter leur chance en NBA, les hommes de Rick Pitino tâcheront cette saison de défendre leur précieux pour réaliser le back-to-back.

Le parcours de Louisville :

La finale Louisville vs Michigan :

A propos de l'auteur

Idolâtre Kobe Bryant même dans le Colorado. Padawan de Jason Kidd et Penny Hardaway à sa grande époque.

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