Ayité Ajavon, l’agent d’Andrew Albicy et Austin Nichols, entre autres, a accepté de répondre à nos questions. 

Parlons Basket : Comment es-tu devenu agent? Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir agent? 

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Ayité Ajavon : C’est une volonté à vouloir aider les jeunes de ma ville, je suis originaire de Coulommiers (77) et j’ai fait du basket, de la musique, là m’a pas forcément aidé. Je me suis donc dit: « si j’ai la chance de pouvoir aider les jeunes de chez moi, tout simplement je vais le faire ». J’ai rencontré un jeune en ville qui m’a demandé des conseils sur un club professionnel – au départ je n’y connaissais pas grand chose –  je me suis renseigné, j’ai appelé un ancien coach pro que je connaissais, une semaine après je suis tombé sur un autre jeune qui m’a également demandé des renseignements. A partir de là, je me suis vraiment dit « si je peux les aider, je vais vraiment le faire. La où on m’a pas aidé, je vais aider les autres ». 

PB : Quel est le rôle de l’agent et quand est-ce qu’on en a besoin? 

AA : Je dirais de manière assez triviale, que ce serait de négocier un contrat, de faire changer un joueur de club. C’est ce que l’on pense en général mais il y a aussi toute la partie conseil sur sa carrière: les choix d’aller dans un club ou un autre, ce qui est vraiment important parce que cela peut être déterminant surtout dans les premières années les joueurs écoutes beaucoup les agents, il faut donc avoir suffisamment de connaissances du milieu pour pouvoir bien les aider.
Et à quel moment on en a besoin, cela dépend de chacun en fait, très très jeune il y a pas forcément d’intérêt mais on peut apporter des conseils à des jeunes de 15 ans lorsque l’on connaît bien la famille pour les orienter sur les centres de formations parce que parfois ils ne les connaissent pas forcément. Lorsque cela devient vraiment professionnel je dirai entre 17-18 ans mais quelques fois il y a des jeunes qui sont précoces donc cela va vraiment dépendre de chacun. 

PB : Tu es spécialisé dans le basket ou tu couvre aussi d’autres domaines? 

AA : Je suis essentiellement dans le basket, mais depuis deux ans j’ai développé la structure et on est un peu dans la mode et le cinéma: les comédiens. Certains de mes collaborateurs sont également dans le football.

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PB : Comment arrives-tu à convaincre un joueur de venir dans ton agence? 

AA : (Rires) Ça c’est la question! Le fait d’être soi en fait, ce n’est pas évident parce que aujourd’hui avec l’expérience tu te rends compte que le discours d’un agent quelque part est toujours le même c’est: « Oui je peux te négocier un gros contrat, oui je connais telle personne en Pro A, à l’étranger, oui j’ai un conseiller en patrimoine qui bosse avec moi ». Enfin tu as tous les services extra-basket et d’une certaine manière tout le monde a le même discours. Je pense aujourd’hui ce qui fait vraiment la différence, c’est en réalité le portefeuille de joueur que tu as parce que les joueurs ont beau dire ce qu’ils veulent « Oui je veut un agent qui n’a pas beaucoup de joueurs pour qu’il s’occupe de moi » mais c’est vrai à 10%, les joueurs ont besoin de se sentir en sécurité et se dire: « Il a plein de joueurs en Pro A ça veut dire qu’il pourra me négocier un bon contrat parce qu’il a du poids sur le marché ». Donc c’est important, mais à mon sens ce qui fait que j’arrive à convaincre certaines personnes c’est que j’essaye d’être moi tout simplement. C’est-à-dire que je vais pas promettre monts et merveilles, ils y en a certains pour les convaincre je leur ai dit: « Moi je vais pas t’amener en NBA, mais si tu m’écoutes et qu’on fait ci et ça ensemble, là on pourra aller peut-être changer ton rêve en objectif ». J’essaye d’être sincère, d’être moi, si je dois rigoler, je rigole je vais pas m’inventer un discours ou quoi que ce soit. J’essaye de rester naturel avant tout. 

PB : Tu t’occupes de quels joueurs assez connus dans le championnat (Pro A)?

AA : En Pro A j’ai Andrew Albicy – que je connais depuis très très longtemps – Austin Nichols qui est à Nancy, Sami Driss le capitaine de l’équipe de Pau et Solo Diabaté qui est à Gravelines. 

PB : Lequel tu es plus fier d’avoir recruté? 

AA : Ah Recruté… C’est compliqué ça, si j’en cite un après que vont dire les autres? (Rires) Recruté, je dirai… J’hésite entre Sami et Solo parce qu’Andrew c’est une histoire de longue date donc on ne peut pas parler de vrai recrutement… Je dirai les deux mais pour des raisons différentes. Aujourd’hui Solo est plus jeune et je dirai que son potentiel est peut-être plus élevé que celui de Sami. Mais Sami est quelqu’un d’humainement incroyable, qui a un tempérament de feu et qui sait vraiment ce qu’il veut. Et je dirai que j’apprécie plus l’homme au-delà du sportif et s’il est capitaine de Pau ce n’est pas par hasard. Solo parce que cela a pris beaucoup, beaucoup de temps (rires) donc je suis assez fier que finalement cela ait réussi à se faire et qu’on puisse travailler ensemble aujourd’hui. C’est un joueur qui a de grosses ambitions, ce que j’aime beaucoup.

L’équipe Parlons Basket remercie chaleureusement Ayité Ajavon pour avoir accepté de répondre à nos questions !

Entretien réalisé par Parlons Basket le samedi  22/02/2014.

A propos de l'auteur

Grand fan de basket en général. Rédacteur polyvalent. Supporter des Bulls de Chicago et des genoux de Derrick Rose pour la NBA et du Paris Levallois en France tout en ayant un petit penchant pour l'ASVEL.

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