Il y a déjà quelques années, cinq pour être exact, Marième Badiane signait son premier contrat professionnel à la Roche Vendée… Depuis, il s’en est passé des choses… La saison suivante, après avoir une nouvelle fois gonflé son palmarès international en équipe de France jeunes, elle a rejoint Mondeville. Petit à petit, elle s’est imposée pour devenir l’une des pièces majeures de son équipe, ce qui lui a ouvert les portes de l’équipe de France. Malgré la déception de ne pas défendre les couleurs des Bleues lors de l’EuroBasket du mois de juin dernier, Marième Badiane a pu remporter l’or aux Jeux de la francophonie. Retour sur son parcours, et sur la compétition. 

Parlons-Basket Féminin : Tu as été sélectionnée en Equipe de France A, comment avais tu pris la nouvelle, est-ce quelque chose d’intimidant ?

Marième Badiane : Oui c’est toujours intimidant d’aller chez les A, j’avais déjà eu une première approche avec les filles, le staff et l’organisation avant qu’ils partent à Rio pour les jeux olympique en 2016. Je savais à peu près comment les choses se passaient, d’autant plus que c’était au même endroit, donc une pression en moins. Après oui, c’est clair qu’on à toujours une petite pression, mais bien évidemment, c’est un plaisir.

PBF : Pendant la saison 2016-2017 tu as été une nouvelle fois sélectionnée avec les A. Pour la première trêve internationale tu es coupée avant les matchs. Au moment de la seconde, une blessure te contraint à ne pas intégrer la sélection. Ainsi, cette saison, tu n’as pu participer au match de préparation, nous imaginons ta déception.

MB : C’était vraiment une grosse déception. On vient pour gagner sa place, après j’aurai bien-sur aimé découvrir ne serait-ce que les matchs de préparation mais voilà ce n’est pas moi qui décide (Rires).

(Crédit photo : FFBB)

PBF :  Avais-tu une petite déception de ne pas faire parti du groupe de A’ du coup ?

MB : Mon objectif était de faire partie du groupe avec les A, je me suis donc pas vraiment posé la question par rapport aux A’.

PBF : Toi qui a vécu les Équipes de France en jeune, il y a t-il une différence ressentie auprès des A’ notamment au niveau de l’intensité des entraînements ?

MB : Selon moi, la campagne 2017 des A’  c’était quelque chose à part, puisque la compétition que nous préparions n’avait pas de grands enjeux comme peuvent en avoir les championnats FIBA. Nous ne nous y sommes pas rendues avec la même pression. C’est une optique différente on va dire… C’est plus pour travailler, on est pas en compétition entre nous, ce n’est pas la même atmosphère.

PBF : Que penses-tu du projets A’? S’agit-il d’un tremplin malgré un niveau un peu moins élevé qu’en A mais qui permet tout de même de rester dans un objectif national ?

MB : Mon objectif reste les A. Les A’ peuvent servir de passerelle, de transition. C’est une zone de travail où l’on peut s’entraîner en inter-saison.

PBF : Revenons-en aux Jeux de la Francophonie :  vous excellez en phase de poules malgré une petite frayeur face au Mali (match gagné par 4 points),  vous attendiez  vous a un tel succès et que l’idée était simplement de passer un bon moment entre vous et ramener la médaille si possible.

MB : On avait l’envie d’arriver jusqu’au bout mais la pression était moins intense. On prenait vraiment les matchs les uns après les autres, mais le but du tournoi était de travailler sur nous d’abord. Il n’était pas question de se relâcher ou bien de prendre les matchs à la légère, puis, on devait tout simplement jouer avec notre niveau. Ensuite, le Mali nous a surpris face à l’intensité que les joueuses avaient à proposer. On a su garder le cap même si cela à été difficile, cela a été comme un avertissement pour la suite. (Rires).

PBF : Derrière, il y a les 1/4, es 1/2 sans grandes inquiétudes… En finale, face au Canada-Quebec vous faites face à une équipe très adroite qui prend les devants. Votre deuxième quart temps semble rattraper l’écart et le retour des vestiaires et fracassant. Qu’est ce qui se dit dans de telles circonstances durant la mi-temps ?

MB : Nous ne paniquions pas mais je pense vraiment que le match face aux Maliennes nous a servi par rapport à ça. On savait qu’il fallait que nous soyons agressives et nous avions vraiment à cœur de creuser l’écart à l’entame de la deuxième partie de match, pour tout simplement se mettre en sécurité.

PBF : L’issue du match on la connaît :  vous remporter l’Or de ces jeux. Au delà de ça, nous avions vraiment l’impression de faire face à un groupe d’amies et on sent le plaisir que vous avez pris..

MB : Oui bien sûr, nous sommes de la même génération, nous nous connaissions déjà plus ou moins bien. On était plus ou moins une ou deux de chaque clubs… Nous n’étions pas en compétition les unes contre les autres et avions un bon groupe avec des filles qui s’entendaient bien en dehors du terrain alors cela donnait forcément envie de jouer ensemble et d’aller loin. Cette cohésion nous a aidé dans les moments difficiles, notamment contre le Mali. C’est toujours plus agréable de passer un séjour avec des filles que l’on apprécie que l’inverse. C’était vraiment l’un des gros points positifs de cette campagne.

(Crédit photo : FFBB)

PBF : Après quelques années passées à Mondeville, tu rejoins l’équipe de LYON ASVEL Féminin pour la saison prochaine. Peux-tu nous parler des dessous de ce transfert.

MB : Le mien s’est passé comme tous les autres transferts par le biais des agents. Après effectivement, Tony Parker m’avait personnellement appelé pour me parler lui-même du projet. Forcément c’est un gros projet qui se met en place. On m’a souvent posé la question de savoir pourquoi je n’avais pas cherché un club qui jouait l’EuroLeague, pourquoi je ne suis pas allée dans un gros club français et pourquoi je suis allée dans un club qui a failli descendre… De base c’était mon projet mais quand on m’a parlé du projet de Lyon je l’ai trouvé très intéressant. L’idée de partir sur des bases neuves est un plus également. Ce club a de grands objectifs, et j’avais envie d’apporter un peu ma pierre à l’édifice.

PBF : Lyon a réussi à se maintenir. La descente s’est jouée sur un match de maintien face à Angers qui  redescend du coup en Ligue 2. Avais-tu une opportunité qui pouvait s’offrir à toi dans le cas contraire?

MB : J’ai eu bien-sûr peur, dans le sport nous ne savons jamais ce qui peut se passer, d’autant plus que quelques Lyonnaises étaient blessées, ce qui ne met pas en confiance. Ensuite, je n’avais pas d’autre plan, j’étais à fond sur le projet de Lyon, j’ai tout simplement pas cherché d’autres plans à coté. Il aurait fallut repartir de 0 en cas de défaite.

PBF : As-tu des objectifs personnels pour la saison à venir?

MB : Bien sûre, après la déception de cet été j’espère vraiment pouvoir gagner ma place un jour en Équipe de France A. Le plus tôt possible si c’est envisageable. Après j’espère également qu’en club on atteindra nos objectifs, que le projet de Tony Parker progressivement réussira.

Maintenant, nous allons faire des questions rapides. Pour commencer à propos de tes coéquipières des jeux de la Francophonie. Qui est la plus ?

PBF : … bosseuse à l’entraînement ?

MB : Ah… (Hésitations) Il y en a plusieurs, mais je dirai quand même Lisa (Berkani). D’une manière générale, même durant la saison, elle est souvent là avant les entraînements et même après. Elle vit basket avec un ballon greffé (Rires).

PBF : … grognon au réveil ?

MB : Euh… Lidja (Turcinovic)

PBF : … la plus Geek ? 

MB : Ah mais là il y a du monde (Rires). Euh, je dirai Lidja (Turcinovic) puisqu’elle veut toujours garder contact avec sa famille donc elle est souvent avec son téléphone.

PBF : … la plus chambreuse ? 

MB : Alors là aussi c’est chaud (Rires). On aime toutes se chambrer les unes les autres alors personne ne se discerne.

Maintenant, parlons un peu de toi… Tu es plutôt?

PBF : The, café ou jus d’orange ?

MB : Thé.

PBF : Android ou Apple ?

MB : J’ai un Samsung donc Android.

PBF : Sucré ou salé ?

MB : Olala, ça c’est vraiment une question difficile… Les deux.

PBF : Film ou série?

MB : Série

PBF : Plage ou montagne?

MB : Montagne

PBF : Summer League NBA ou WNBA?

MB : WNBA

Toute l’équipe remercie une nouvelle fois Marième Badiane pour sa gentillesse et le temps qu’elle nous a accordé. Encore une fois nous lui adressons toutes nos félicitations et nous lui souhaitons pleins de bonnes choses pour la saison à venir. 

 

A propos de l'auteur

Article co-écrit par une partie des rédacteurs de Parlons-Basket féminin

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