Que dire des Celtics, hormis que ce qu’ils arrivent à faire actuellement est impressionnant ? 12 victoires d’affilées, on ne pouvait pas ne pas en parler. Et pourtant, il y a quelques semaines, rien ne présageait une telle réussite.

Premier match de la saison. Les Celtics perdent Gordon Hayward après seulement 5 minutes de jeu et s’inclinent face à une équipe de Cleveland menée par un LeBron James monstrueux. La saison ne pouvait pas plus mal débuter. Lors du deuxième match face à Milwaukee, les joueurs de Brad Stevens accusent encore le coup. Kyrie Irving sans le coéquipier qu’il aurait dû avoir a du mal à trouver sa place, ne joue pas forcément très collectif. Les jeunes joueurs, Brown et Tatum, qui se sont retrouvés responsabilisés un peu prématurément ne compensent pas suffisament la perte de Hayward. Boston est-elle partie pour une saison galère ? Pas du tout, au contraire ! Depuis, les hommes de Brad Stevens n’ont en effet plus perdu un match. Que ce soit face aux Spurs, au Thunder ou même aux Bucks lors de leur revanche, les Celtics ont su gérer leurs matchs, gagner, et surtout poser un jeu propre.

Même privés de leur meneur lors de leur match face aux Hornets, s’étant blessé dès la première minute, les Celtics ont été capables de réagir correctement et ont fait ce qu’ils savent faire de mieux : défendre, n’encaissant ainsi que 87 points. Preuve que les Celtics, c’est avant tout un collectif.

Avant même de parler de l’effectif, il nous faut déjà féliciter le travail de Brad Stevens, l’entraîneur de Boston. Car réussir à reformer un tel collectif en encaissant un tel coup dur ne devait pas être tâche facile. Finalement, la blessure de Hayward étant intervenue assez tôt lors de la saison, cela a sans doute été moins dur à gérer que si cela s’était passé en plein milieu de la saison, étant donné qu’il n’y avait encore rien de posé. Ainsi Brad Stevens a su utiliser les cartes qu’il avait en mains pour reformer une équipe bien agencée et pas trop inégale.

L’absence de Gordon Hayward s’est traduite avant tout par la titularisation définitive de Jayson Tatum et la responsabilisation de Jaylen Brown. Et ce sont ces deux jeunes joueurs, respectivement de la draft 2017 et 2016, qui œuvrent maintenant au côté de Kyrie pour faire avancer l’équipe et tenter de pallier à la perte de Hayward. Jayson Tatum est devenu presque un titulaire indiscutable et cela même après le retour de Marcus Morris, ce qui n’était pas forcément évidemment avec une entrée en tant que rookie dans une équipe aussi grosse que Boston. A voir si cela continuera avec l’effectif au complet quand Horford et Irving reviendront. Pour ne rien gâcher, Tatum et Brown se donnent vraiment à fond en défense, tout comme Uncle Drew.

Car oui, le maître-mot chez les Celtics, c’est bien la défense, et les Cavaliers devraient par exemple en prendre de la graine. Boston est actuellement la plus grosse défense de la ligue en ayant encaissé seulement 94.8 points de moyenne par match jusqu’à présent. Et pour cela, Al Horford est un acteur clé de la défense de Boston. Le Dominicain affiche 14.6 points de moyenne, mais c’est véritablement en défense qu’il apporte le plus à l’équipe. Cela ne se voit pas forcément en nombre de rebonds ou de contres (9.2 rebonds et 0.7 respectivement), mais cela se voit sur le terrain dans la façon dont il défend. D’ailleurs en termes de Défensive Win Share, qui est une statistique qui permet d’établir le nombre de victoires qu’aurait gagné l’équipe si tous les autres joueurs joueurs jouaient comme lui, Al Horford se place en première position.

Kyrie Irving lui, sans Hayward, doit désormais assumer le leadership seul. Cela n’est pas encore forcément le cas mais depuis le début on a pu voir son jeu dans l’équipe progresser. Certes il reste le premier scoreur de l’équipe, et de loin avec 20.3 points de moyenne mais il s’intègre vraiment dans le jeu collectif, distribue beaucoup la balle. Bref, il suit les conseils de Brad Stevens. C’est sans doute ce qui fait la différence entre jouer à Cleveland où l’important était davantage le scoring, et jouer à Boston où prime le jeu collectif. Même Uncle Drew félicite le coaching de Brad Stevens en estimant qu’il s’agit d’un « d’intellectuel« . Tyronn Lue a du apprécier…

Quoiqu’il en soit, les Boston Celtics ont donc réussi à créer un collectif qui semble marcher, notamment en défense. Cependant, avec la perte d’Irving, bien que de courte durée, on se demande si les C’s vont pouvoir tenir le coup. Les hommes de Brad Stevens se sont débarrassés dimanche soir du piège Toronto, portant leur série à 12 victoires de rang. Qui les arrêtera ?