Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La soirée avait tout d’un moment parfait pour la sélection polonaise. En battant la Slovénie de Luka Doncic, la Pologne a envoyé un signal fort dans la compétition et confirmé qu’elle n’était pas là pour faire de la figuration. Mais plus que le résultat, ce sont les déclarations d’après-match qui ont marqué les esprits, notamment en réponse aux propos du sélectionneur slovène Aleksander Sekulic.
Le coach polonais Igor Milicic n’a pas hésité à réagir avec un sourire en coin, rappelant que son équipe avait déjà fait plier la Slovénie. Il a souligné la qualité collective et la préparation tactique de ses hommes, des atouts qui ont permis à la Pologne de surprendre Luka Doncic et ses coéquipiers. Pour lui, les critiques sur les “tirs improbables” n’avaient rien d’un hasard, mais traduisaient avant tout le travail de fond effectué par sa sélection.
De son côté, Jordan Loyd a incarné la performance polonaise avec un match exceptionnel à 32 points, une des meilleures entrées en matière de l’histoire de l’EuroBasket. Mais plus que son exploit individuel, l’arrière a insisté sur l’importance du collectif et sur le fait que l’énergie puisée face à une star comme Doncic avait galvanisé tout le groupe. “Luka est l’un des meilleurs joueurs du monde, il aura toujours énormément d’attention et de respect, mais ce soir notre équipe était meilleure. On a utilisé toute cette hype comme une motivation, et il faut aussi qu’on nous respecte”, a-t-il affirmé.
La Slovénie de Doncic prise à son propre jeu
Pour Igor Milicic, battre à deux reprises une nation comme la Slovénie prouve que la progression de la Pologne n’est pas une illusion. Le coach a insisté sur le fait que ses joueurs croyaient totalement dans le projet collectif et que même face à une superstar comme Doncic, leur discipline et leur confiance leur permettaient de garder le contrôle. Une manière de rappeler que le basket ne se résume pas aux exploits d’un seul homme.
Si la Slovénie comptait sur l’éclat de son leader NBA, la Pologne a démontré que l’intensité défensive et la solidarité pouvaient suffire pour contenir son influence. Jordan Loyd a reconnu la difficulté de jouer face à un joueur aussi complet, mais a martelé que son équipe n’avait jamais douté. Loin d’être impressionnés, les Polonais ont utilisé la présence de Doncic comme une source de motivation supplémentaire.
En inscrivant 32 points, Loyd a signé une prestation historique, mais a tenu à relativiser : « C’est un peu fou, je ne le savais pas. Il y a beaucoup de grands joueurs qui ont participé à cette compétition, et c’est agréable de pouvoir montrer ce que je sais faire, mais ce n’est qu’un match. Je ne suis jamais trop euphorique, ni trop déprimé. Pour moi, l’important, c’est toujours de gagner. Donc tant que nous gagnons, tout va bien. »
La Slovénie, portée par Luka Doncic, restera un adversaire redoutable dans la suite du tournoi, mais la Pologne a réussi un coup de maître en la faisant tomber. Le message envoyé est clair : peu importe le prestige ou la réputation d’une star NBA, le basket international se gagne à cinq. Et ce soir-là, l’énergie et la cohésion polonaises ont eu le dernier mot.