Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Une nouvelle tension agite la baie de San Francisco. Alors que la saison approche, un jeune talent des Warriors voit son avenir s’assombrir dans une organisation désormais tournée vers un autre visage. Le contraste entre promesses passées et réalités présentes est aujourd’hui plus évident que jamais.
Depuis l’arrivée de Jimmy Butler en février, la dynamique de Golden State a radicalement changé. Avant son premier match, l’équipe affichait un bilan négatif de 25 victoires pour 26 défaites. Mais une fois Butler intégré, la franchise a signé une impressionnante série de 14 victoires en 16 matchs, pour conclure la saison avec le troisième meilleur bilan de la ligue sur la période. De quoi reléguer Jonathan Kuminga au second plan, lui qui soignait alors une entorse à la cheville. Après tout, les absents ont toujours tort.
Ce bouleversement a renforcé une évidence : Steve Kerr ne pouvait pas intégrer Kuminga au cinq de départ devant des vétérans établis comme Draymond Green et Butler. Comme l’a résumé un rapport local, « il n’y avait aucune chance que Kerr démarre avec un frontcourt composé de Kuminga, Butler et Green, cela aurait étouffé l’attaque et rendu chaque match encore plus difficile pour Stephen Curry et les défenseurs qui le poursuivent ». Un constat dur, mais révélateur du dilemme actuel.
Un rôle devenu difficile à justifier
La situation est d’autant plus ironique que les Warriors avaient initialement bâti une partie de leur projet autour de Kuminga. L’idée du fameux projet à « deux timelines » paraissait alors crédible, surtout après le sacre de 2022. Mais quatre ans plus tard, l’intégration ne s’est jamais faite comme espéré, et le jeune ailier peine à trouver sa place.
Pour expliquer cette impasse, certains observateurs n’hésitent pas à comparer la trajectoire de Kuminga à celle d’autres joueurs. Un dirigeant de la ligue a notamment cité Paul George, rappelant que « lorsqu’il est arrivé à Indiana, il y avait Danny Granger devant lui, et Lance Stephenson aussi. Mais il a eu l’opportunité de grandir dans une équipe compétitive, sans que ses erreurs ne soient trop amplifiées. Kuminga, lui, évolue dans un contexte où chaque faux pas est scruté, et c’est une différence énorme ».
Ainsi, la problématique ne concerne pas uniquement le talent du joueur, mais aussi le cadre dans lequel il évolue. Kuminga dispose toujours d’un potentiel intrigant, mais son développement est freiné par une organisation contrainte de viser la victoire immédiate autour de Curry et de ses lieutenants. Dans ce contexte, l’expérimentation n’a plus vraiment sa place.
Reste à savoir si les Warriors accepteront de tourner la page ou s’ils choisiront malgré tout de lui offrir un dernier rôle pour prouver qu’il peut s’inscrire dans leur présent. Car au-delà des résultats, c’est aussi la philosophie de la franchise qui se joue dans ce dossier brûlant.