Par Rédaction | Sport
Les Celtics traversent une période que peu d’observateurs auraient imaginée il y a encore un an. L’organisation, autrefois perçue comme l’une des forces incontournables de la conférence Est, a vu son statut s’éroder en quelques mois. Entre blessures majeures, décisions structurelles contestées et profondeur sacrifiée, la franchise n’effraie plus autant qu’auparavant.
Les témoignages recueillis autour de la NBA confirment une tendance lourde : les Celtics ne sont plus cette machine redoutée qui, saison après saison, faisait vibrer les défenses adverses. La blessure d’Achille de Jayson Tatum a bouleversé l’équilibre interne, mais c’est la manière dont l’organisation a ensuite ajusté son effectif qui interroge. Plusieurs cadres ont été laissés partir ou échangés, modifiant brutalement l’identité collective. Les observateurs jugent aujourd’hui ce virage comme un choix risqué qui a ouvert une période d’incertitude profonde.
Steve Bulpett, dans son analyse relayée autour de la ligue, rapporte des propos qui résument l’état d’esprit général : « Ils n’allaient de toute façon pas être des prétendants sans Tatum, mais quand vous échangez Porzingis et Jrue et que vous laissez partir Horford et Kornet, vous videz votre rotation ». Une lecture largement partagée par des exécutifs, des scouts et des entraîneurs adverses, qui estiment que Boston s’est amputé de ses propres atouts tout en absorbant un coup dur lié aux blessures. Selon eux, le danger n’est plus le même lorsque les Celtics apparaissent au calendrier.
Une réalité nouvelle pour Boston
Cette évolution de perception se ressent dans chaque salle où les Celtics se déplacent. Là où l’affrontement promettait autrefois un combat âpre, il est désormais appréhendé comme un défi plus accessible. Un cadre de la ligue confiait ainsi : « Je ne dis pas que c’est facile, loin de là. Mais ce n’est plus du tout le sentiment que tu avais face au groupe des deux dernières années ». Ce changement de ton illustre combien la perte de Tatum, combinée aux départs majeurs, a fait vaciller la structure sportive mise en place depuis plusieurs saisons. Sans leur leader, les lignes ont bougé… peut-être plus qu’il ne le fallait.
Sous ce nouveau contexte, Jaylen Brown tente de porter l’équipe à bout de bras, affichant des moyennes impressionnantes et un rôle élargi. Pourtant, malgré ses efforts et une implication manifeste, la franchise reste en difficulté dans le classement. Cette dépendance forcée à un joueur isolé rappelle combien la force de Boston reposait sur la complémentarité entre ses cadres et une profondeur cohérente. Le chantier ouvert depuis l’été semble désormais bien plus vaste que prévu, obligeant l’organisation à repenser son approche sportive à moyen terme.
Aujourd’hui, l’espoir d’un regain passe forcément par le retour de Jayson Tatum, prévu en 2026, mais ce retour ne suffira pas. La formation actuelle n’a plus rien de celle qui dominait la conférence Est avant sa blessure. La disparition de leaders comme Horford ou Holiday, additionnée à l’absence de Porzingis, impose un remodelage profond de la rotation. Ce n’est qu’en reconstruisant une ossature solide autour du duo Tatum–Brown que la franchise pourra redevenir un prétendant crédible et régulier dans les batailles de fin de saison.
Les semaines et mois à venir seront donc décisifs. Les Celtics ne manquent ni de ressources ni d’ambitions, mais le contexte impose lucidité et précision dans chaque décision. Pour retrouver leur statut de référence, ils devront reconstruire avec méthode, tout en préparant l’environnement idéal pour le retour de Tatum. Rien n’est perdu, mais la marge d’erreur n’existe plus, et la concurrence n’attend jamais. Si Boston souhaite redevenir un poids lourd, cette période de transition devra être le point de départ d’un nouveau cycle gagnant.
