Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
C’est bien connu : Gérard Lanvin n’a jamais eu peur de dire ce qu’il pense, encore moins lorsqu’il s’agit d’un sujet qui le touche personnellement. Et en marge d’une histoire de cinéma qu’il juge injuste, l’acteur n’a pas hésité une seconde à viser Arnold Schwarzenegger, monstre sacré d’Hollywood et colosse de 107 kg. Une sortie audacieuse, mais pas forcément réussie. Et voici pourquoi.
Bien avant que les programmes de téléréalité n’envahissent les écrans, Gérard Lanvin avait déjà mis un pied dans cet univers fictionnel en 1982 grâce au film Le prix du danger, réalisé par Yves Boisset et inspiré d’une nouvelle de Robert Sheckley. Un film dont l’acteur reste fier, à juste titre. Mais en 1987, la sortie de Running Man de Paul Glaser — avec Arnold Schwarzenegger en tête d’affiche — va toutefois complètement changer la donne et provoquer la colère du Français.
Pourquoi ? Car Gérard Lanvin et Yves Boisset en sont persuadés : Running Man a largement plagié Le prix du danger. La justice leur donnera d’ailleurs raison dans les années 1990, confirmant que les ressemblances entre les deux œuvres n’étaient pas le fruit du hasard. Interrogé par Allociné sur ce sujet brûlant il y a quelques années, Lanvin s’était montré particulièrement incisif à l’égard de la star autrichienne :
« Le film ‘Le prix du danger’ est totalement visionnaire. Il fallait le faire dans l’esprit que n’a pas compris Arnold Schwarzenegger. Il est balèze le mec, mais peut-être un peu moins là-haut (il pointe son cerveau). Il a fait un film de science-fiction lui. C’est complètement grotesque, parce que ce n’était pas du tout le sujet, au contraire. C’était une télé-réalité, comme aujourd’hui elle pourrait exister ».
Ce tacle frontal, néanmoins, n’est pas forcément très juste. D’abord parce qu’Arnold Schwarzenegger n’est pas responsable de la direction artistique : il n’est ni le producteur, ni le scénariste, ni le réalisateur de Running Man — simplement son interprète principal. Et ensuite parce que l’attaquer sur son intelligence n’était pas le plus inspiré : l’ancien gouverneur de Californie est réputé pour être très diplômé, titulaire de plusieurs formations universitaires, dont un doctorat en économie, gestion des affaires internationales et lettres humaines.
Ce coup de gueule typiquement made in Lanvin, franc et frontal, a donc sans doute manqué sa cible sur ce coup-là. Et c’est assez rare pour être souligné.
