Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Réputé pour sa générosité et son sens de la camaraderie, Johnny Hallyday n’était pourtant pas en bons termes avec tout le monde. Derrière l’image du rockeur au grand cœur se cachaient aussi des inimitiés tenaces, nourries de rivalités professionnelles et de caractères explosifs. Et selon l’un de ses proches historiques, deux chanteurs très célèbres figuraient clairement dans son viseur. Un témoignage qui en dit long sur les coulisses d’une époque.
Figure légendaire de la chanson française, Johnny Hallyday a marqué plusieurs générations grâce à son charisme et à une carrière de plus de cinquante ans. Si l’idole des jeunes a noué de solides amitiés, il a aussi croisé la route d’artistes avec lesquels le courant ne passait pas du tout. C’est ce que révèle Sacha Rhoul, son chauffeur et homme de confiance pendant près de vingt ans, dans un récit sans détour retraçant l’envers du décor de la vie du Taulier.
Dans son ouvrage « Johnny Hallyday et ses anges gardiens, la vérité enfin dévoilée », il révèle en effet sans détour :
« Les deux mecs que Johnny n’aimait pas, c’est Claude François et Dick Rivers, car il les trouvait inhumains avec leur entourage. »
Au-delà du chanteur américain d’adoption Dick Rivers, c’est bien la relation électrique entre Johnny et Claude François qui fascine les passionnés de musique française. Rivalité artistique, tensions personnelles, jalousies multiples… Sacha Rhoul détaille un climat parfois explosif entre les deux géants de la variété :
« Quand Johnny Hallyday était fatigué, il voulait lui casser la figure. C’est parti d’une histoire de femmes. Mais surtout il ne l’aimait pas parce qu’il insultait ses musiciens et ses techniciens et les insultait en public. »
Selon le proche de Johnny, Claude François allait même jusqu’à surveiller les moindres déplacements du rockeur pour éviter de le croiser :
« Lui était aux antipodes de ça. Pendant deux ans, Claude François envoyait son assistant que l’on surnommait « le Poisson pilote » dans les restaurants parisiens pour être sûr que Johnny Hallyday n’y soit pas ! »
Cette jalousie maladive est confirmée par un ancien directeur artistique de Cloclo, qui rapporte les confidences amères de l’interprète du « Téléphone pleure » :
« Il me disait : « Tu te rends compte, il peut s’habiller n’importe comment et faire n’importe quoi, tout le monde trouve ça bien. Tandis que moi, je dois faire sans cesse des efforts ! » »
Un contraste qui amusait profondément Johnny, lequel n’a jamais caché cette rivalité parfois absurde. Dans son autobiographie publiée en 2013, le rockeur réglait définitivement ses comptes avec humour et franchise :
« Il bossait dix fois plus que moi. Mais il n’arrivait jamais à faire ce que je faisais. Ça le rendait jaloux. Il draguait mes nanas et, en désespoir de cause, il se tapait mes ex. C’était le circuit, tu savais que si tu sortais avec moi, tu pouvais ensuite te faire Cloclo… »
« Je pense qu’il avait installé cette rivalité parce que ça le poussait à se surpasser. Moi, je lui disais toujours de se calmer, on ne faisait pas la même musique. Sois cool, je vais pas chanter avec des Claudettes et toi tu ne vas pas porter du cuir… C’était plus fort que lui, il voulait être le premier. Mais en définitive, il restait numéro deux. »
