Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Johnny Hallyday a laissé derrière lui une légende musicale immense, mais aussi une réputation sulfureuse lorsqu’il s’agit de son rapport à l’alcool. Les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé durant des décennies abondent, et certains n’ont rien perdu de leur pouvoir de sidération. Parmi eux, ceux de son guitariste et ami Robin Le Mesurier comptent sans doute parmi les plus éloquents.
Véritable icône du rock’n’roll français, Johnny Hallyday a toujours entretenu une relation complexe avec les excès, de la cigarette à la drogue en passant par l’alcool. Robin Le Mesurier, son fidèle musicien, a souvent été aux premières loges pour observer la vie déjantée du chanteur. Et au moment d’évoquer ces années de tournée, de concerts titanesques et de nuits interminables, le Britannique, décédé depuis lui aussi, n’avait rien caché.
Sur le plateau de C8 il y a queqlues années, il avait ainsi livré une anecdote révélatrice sur les habitudes matinales du « Taulier ». Interrogé par Cyril Hanouna, qui souhaitait savoir si la rumeur selon laquelle « le petit-déjeuner préféré de Johnny était une gitane et une bière », Le Mesurier avait confirmé :
« Un matin je me suis réveillé, il y avait un petit déj. Et il a dit : ‘Moi, je veux de la Heineken’. Bon, d’accord. Très bien”
Ce récit n’était pourtant qu’un prélude à d’autres souvenirs tout aussi saisissants, qui illustrent la vie hors normes du chanteur. Le monstre sacré aimait repousser les limites, et Robin Le Mesurier l’a suivi dans ces aventures improbables, parfois surréalistes. C’est encore sur C8 que le musicien avait enchaîné avec plusieurs scènes marquantes :
« Je me rappelle d’une fois, où on était au Stade de France. On est allés du Stade de France à Saint-Germain-des-Prés en onze minutes, montre en main grâce au gyrophare qu’on utilisait parfois pour se déplacer. Une autre fois dans un avion en Nouvelle-Calédonie… C’était un jet-privé. Johnny s’est tourné vers moi et m’a dit quoi : ‘Quoi ? Quoi ?’ Son manager, qui s’appelait Sébastien Farran, a appelé la compagnie aérienne pour lui dire qu’il faut qu’on puisse fumer à bord de cet avion”
Ces souvenirs, racontés sans détour, participent à nourrir le mythe d’un Johnny Hallyday vivant chaque instant comme un défi permanent. À travers les mots de Robin Le Mesurier, c’est un artiste entier, imprévisible et animé d’un appétit de liberté farouche qui réapparaît, encore et toujours.
