Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Ils portent le même nom et occupent chacun une place solide dans le paysage culturel français. Philippe et Gilles Lellouche fascinent autant par leur réussite que par leur discrétion sur leur relation fraternelle. Forcément, la question de la jalousie finit par se poser. L’aîné a récemment décidé d’y répondre sans détour.
Dans le cinéma et le théâtre français, les fratries d’artistes ne sont pas une exception. Philippe Lellouche et Gilles Lellouche s’inscrivent dans cette tradition, chacun traçant sa route avec succès depuis plus de vingt ans. L’un davantage associé aux planches, l’autre devenu une figure incontournable du grand écran, les deux frères ont pourtant souvent été interrogés sur la nature de leurs rapports, tant leur ascension parallèle intrigue.
Invité de l’émission « Le journal inattendu » animée par Nathalie Renoux il y a 2 ans, Philippe Lellouche n’avait pas échappé à une question directe sur son cadet et sur une éventuelle rivalité entre eux. Fidèle à son sens de l’humour, le comédien avait d’abord choisi l’ironie pour répondre :
« C’est mon petit frère ! Il fait son métier admirablement bien et je suis très fier, bien sûr. De la jalousie ? Oh oui, énormément, on s’appelle tous les jours pour s’insulter, tellement que l’on ne s’aime pas. »
Après cette mise au point volontairement taquine, l’acteur et metteur en scène avait tenu à clarifier les choses de manière plus sérieuse. Philippe Lellouche avaot ainsi expliqué pourquoi toute comparaison lui semblait finalement déplacée :
« Non mais, on ne fait pas tout à fait le même métier. Lui est plus au cinéma que moi. Je suis plus au théâtre. C’est un truc dont on parle assez peu et tant mieux, parce qu’on a d’autres sujets de conversation qui sont plus intéressants. Mais non non, évidemment qu’il n’y a pas de jalousie, ça serait un drame, en fait. »
Au-delà de leurs parcours respectifs, les deux frères partagent surtout une fierté commune : celle d’avoir comblé leur père. Dans les colonnes du « Journal du Dimanche », Philippe Lellouche était revenu sur ce lien familial fort et sur un souvenir particulièrement marquant :
« Notre père avait des affiches de nous dans son bureau. Deux jours avant sa mort, il nous a dit : « Au moins j’aurais vu votre gloire, et c’est rien par rapport à ce qui va arriver ». »
Reste une question que se posent de nombreux spectateurs : pourquoi Philippe et Gilles Lellouche n’ont-ils jamais véritablement travaillé ensemble ? Interrogé sur ce point, l’aîné a livré une explication teintée de tendresse et d’autodérision :
« Il n’y a aucune volonté de séparer les choses, on s’aime trop pour ça. Il est vrai que nous avoir tous les deux sur un tournage serait compliqué, on se fendait trop la gueule. Nous sommes vite insupportables. Même dans les soirées avec les copains, nous reprenons nos réflexes de mômes. Mais je pense que ça arrivera ! »
Entre affection sincère, admiration mutuelle et souvenirs familiaux forts, la relation entre Philippe et Gilles Lellouche apparaît bien loin des fantasmes de rivalité. Deux carrières distinctes, une complicité intacte, et peut-être, un jour, un projet commun très attendu.
