Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Face aux Nuggets jeudi soir, les Timberwolves ont rivalisé jusqu’au bout, s’inclinant 142-138 après un combat intense. Mais au fil des possessions, un contraste saisissant s’est imposé. Avec Rudy Gobert sur le parquet, Minnesota a dominé. Sans lui, tout s’est effondré. Une réalité devenue presque banale, mais toujours aussi inquiétante.
Les chiffres sont sans appel. En 34 minutes avec Gobert, les Wolves affichaient un +18. En seulement 19 minutes sans lui, le différentiel est tombé à -22 comme Kevin O’Connor a mis en avant sur Twitter. Une bascule brutale, révélatrice de l’influence du pivot français bien au-delà de la feuille de statistiques classique. Défensivement, sa présence a verrouillé la raquette et dissuadé les pénétrations, là où son absence a ouvert des boulevards aux extérieurs de Denver.
Sur le plan individuel, Gobert n’a pourtant pas affolé le scoring avec seulement 9 points. Mais son impact s’est exprimé ailleurs, dans ces zones souvent invisibles au premier regard. Avec 12 rebonds, dont 5 offensifs, et surtout 6 contres, il a continuellement brisé le rythme adverse et offert des secondes chances précieuses à son équipe. Une domination silencieuse, mais déterminante.
Une dépendance qui freine les ambitions de Minnesota
Ce déséquilibre persistant n’a pas échappé à Kevin O’Connor, qui a pointé du doigt un problème structurel bien connu. « C’est toujours la même histoire. Minnesota doit trouver un moyen de survivre quand Gobert n’est pas sur le terrain, sinon cette équipe n’a aucune chance de passer un cap », a-t-il résumé, mettant en lumière une faille qui dépasse largement ce seul match à Denver.
Le constat est d’autant plus préoccupant que les Nuggets ont parfaitement su exploiter ces minutes sans le Français. Jokic et ses partenaires ont attaqué sans relâche la peinture, accélérant le jeu et punissant chaque retard défensif. Là où la défense des Wolves est habituellement structurée et disciplinée, elle est soudain devenue friable, presque méconnaissable.
Du côté des supporters, le diagnostic rejoint celui des observateurs. « L’impact de Gobert est évident, mais il leur faut un vrai plan de secours, pas des prières », a résumé un fan après la rencontre. Une phrase simple, mais qui traduit une frustration partagée : Minnesota ne peut pas se contenter d’espérer que son pilier défensif soit éternellement sur le parquet.
À mesure que la saison avance et que les ambitions grandissent, cette dépendance pose une question centrale. Les Timberwolves ont le talent pour rivaliser avec les meilleures équipes, mais sans solution crédible lorsque Gobert souffle sur le banc, leurs espoirs de franchir un véritable palier restent fragiles. Le match de Denver n’a rien inventé. Il a simplement rappelé, avec une clarté brutale, ce que Minnesota doit encore résoudre.
