Par Rédaction | Sport
Talent générationnel, physique hors normes, responsabilités précoces : tout indiquait une carrière appelée à durer pour Ben Simmons. Aujourd’hui, son parcours ressemble davantage à une énigme qu’à une trajectoire classique.
Au début de sa carrière NBA, Ben Simmons cochait toutes les cases du futur visage de la ligue. Premier choix de la Draft, Rookie de l’année, All-Star régulier, défenseur d’élite capable de contrôler plusieurs postes : son ascension a été fulgurante. À Philadelphie, il incarnait une pièce centrale d’un projet ambitieux, au point que certains le présentaient déjà comme l’héritier naturel de LeBron James.
Puis est arrivé ce match de playoffs en 2021 face à Atlanta, ce moment figé dans les mémoires où Simmons refuse un lay-up ouvert dans le money time. À partir de là, tout s’est déréglé. Les blessures ont pesé, mais le doute s’est surtout installé durablement. Confiance érodée, agressivité disparue, rapport au jeu transformé : Simmons n’a plus jamais retrouvé son élan initial.
Une réussite trop vite atteinte
C’est justement cette bascule que Rich Paul, son ancien agent et fondateur de Klutch Sports, a tenté d’analyser publiquement. « Tout ce que Ben voulait voir arriver est arrivé : premier choix de la Draft, Rookie de l’année, All-Star, All-NBA, contrat maximum. Il y a deux façons d’aborder ça : soit tu aimes ce que le jeu t’apporte, soit tu aimes réellement le jeu », a-t-il expliqué, soulignant un manque de faim plus que de talent.
Son passage à Brooklyn, censé offrir un nouveau départ, n’a jamais permis d’inverser la tendance. Entre rechutes physiques et rôle incertain, Simmons s’est peu à peu effacé du paysage NBA. La saison suivante, partagée sans éclat et conclue sans véritable perspective, a même conduit les franchises à l’ignorer totalement durant l’été.
Rich Paul a poursuivi sa réflexion avec une métaphore parlante. « Certains gravissent la montagne et se disent : “J’y suis arrivé”. D’autres redescendent aussitôt. Et puis il y a ceux qui veulent aller encore plus haut. C’est là que se fait la différence ». Une phrase lourde de sens quand on observe la longévité de certaines superstars et, en miroir, l’effacement progressif de Simmons.
Le cas Ben Simmons continue d’alimenter les débats autour de la motivation, de la pression mentale et de la capacité à supporter le succès précoce. Était-il prisonnier de ses attentes ? S’est-il satisfait trop tôt de ce qu’il avait conquis ? Les réponses restent floues, mais son histoire rappelle que le talent seul ne garantit rien sur la durée.
