Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Le match de Noël avait tout d’un moment historique. Nikola Jokic venait de livrer une prestation hors normes, empilant les chiffres comme rarement vu dans l’histoire de la NBA. Pourtant, au lieu de l’admiration unanime, un débat s’est rapidement installé. Et une petite musique familière est revenue : celle du « coup de sifflet favorable ».
Ce soir-là, le pivot de Denver a littéralement survolé la rencontre, dominant dans tous les compartiments du jeu. Points, rebonds, passes, efficacité : tout semblait irréprochable, même face à un multiple Défenseur de l’année. Mais malgré cette démonstration, certains observateurs ont préféré pointer du doigt l’arbitrage plutôt que la performance brute.
Depuis plusieurs saisons, Jokic cristallise une forme de frustration chez certains adversaires et anciens joueurs. Sa manière de jouer, peu académique, parfois déséquilibrée, donne l’impression qu’il provoque le contact plus qu’il ne le subit. Un ressenti que Nick Young n’a pas hésité à exprimer publiquement.
Une accusation qui ne fait pas l’unanimité
L’ancien arrière NBA a résumé sa pensée sans détour. « On ne peut pas toucher Joker. On parle beaucoup de Shai et de ses exagérations, mais Jokic en fait plus que n’importe qui dans la ligue », a-t-il lâché, suggérant que le Serbe bénéficierait d’un traitement de faveur constant de la part des arbitres.
Ces propos ont rapidement suscité des réactions, tant ils semblent entrer en contradiction avec certaines données objectives. Jokic ne figure pas parmi les tout premiers joueurs en tentatives de lancers francs cette saison, loin de là. Il lui arrive même de livrer des performances majeures sans provoquer la moindre faute sifflée, un fait rare pour un intérieur aussi dominant.
Son jeu repose avant tout sur l’efficacité et la lecture des situations. Avec un volume de tirs élevé et un pourcentage de réussite élite, il marque principalement grâce à son toucher et son sens du placement. Ses bras régulièrement marqués et son physique éprouvé témoignent davantage d’un joueur qui encaisse les coups que d’un spécialiste de la provocation de fautes.
D’autres acteurs de la ligue, confrontés directement à lui, tiennent d’ailleurs un discours radicalement différent. « C’est toujours un plaisir de jouer contre lui. On voit comment il rend ses coéquipiers meilleurs, on voit sa grandeur. C’est un gars qui ne cherche pas vraiment à tricher avec les fautes, et je respecte énormément ça », a récemment confié Bam Adebayo, nuançant fortement les critiques.
