Par Rédaction | Sport
À l’heure où certaines dynasties s’éteignent dans le fracas, d’autres tentent de prolonger l’illusion encore un peu. À Golden State, la question n’est plus de savoir si la fenêtre se referme, mais comment l’aborder sans se condamner pour des années. Et Steve Kerr, fidèle à sa ligne, refuse les décisions irréversibles prises dans la précipitation.
La franchise californienne évolue clairement en mode urgence contrôlée. Avec Stephen Curry toujours au sommet de son art, Draymond Green en pilier défensif et Jimmy Butler arrivé pour renforcer l’impact immédiat, l’objectif reste un dernier titre. Pourtant, malgré cette ambition assumée, l’état-major refuse de sacrifier l’avenir sur un coup de poker mal calculé.
Steve Kerr observe attentivement ce qui se passe ailleurs dans la ligue. Plusieurs organisations ont vidé leurs réserves de choix de draft pour attirer une superstar, se retrouvant aujourd’hui sans marge de manœuvre. Le coach des Warriors n’a pas caché son inquiétude face à ces exemples récents, rappelant que certaines équipes se sont enfermées dans une impasse structurelle difficilement réversible.
Une stratégie mesurée malgré l’urgence du présent
C’est dans ce contexte qu’il a livré une analyse sans détour, expliquant sa philosophie face aux trades XXL : « Il suffit de regarder certaines équipes qui ont tout donné pour une star et qui se retrouvent aujourd’hui sans aucun choix de draft. Les Clippers, plus de picks. Phoenix, plus de picks. Milwaukee, plus de picks. On peut très vite se retrouver coincé si l’on prend des risques inconsidérés ». Une déclaration qui résume parfaitement la prudence affichée par Golden State.
Sur le papier, les Warriors disposent encore d’un avantage rare : presque tous leurs futurs choix de premier tour sont disponibles, à l’exception de celui de 2030. Un capital précieux qui pourrait être utilisé pour frapper fort sur le marché, mais que Kerr et sa direction ne veulent pas dilapider sans garanties réelles de domination sportive.
Cette retenue s’explique aussi par la complexité financière de toute opération majeure. Pour faire venir une superstar, il faudrait très probablement inclure un contrat lourd dans l’échange, avec des noms comme Draymond Green ou Jimmy Butler évoqués en interne pour équilibrer les salaires. Un scénario qui bouleverserait profondément l’identité de l’équipe, construite depuis plus d’une décennie autour de continuité et de complémentarité.
Sportivement, la saison actuelle illustre ce dilemme. Avec un bilan de 18 victoires pour 16 défaites, Golden State peine à franchir un cap face aux meilleures équipes de la conférence. Suffisant pour rester dans la course, mais insuffisant pour se présenter comme un favori incontestable au titre. De quoi nourrir les débats internes sans pour autant provoquer de décision irréfléchie.
