Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
À l’approche de la deadline, l’excitation monte toujours d’un cran. Les rumeurs s’intensifient, les scénarios s’empilent et les supporters imaginent déjà des bouleversements majeurs. Pourtant, en coulisses, le discours est nettement plus mesuré.
Dans les bureaux des franchises, le climat serait même étonnamment calme. Alors que la NBA se prépare au trade deadline du 5 février, avec plusieurs stars sur le départ, certains signaux laissent penser que les grandes manœuvres pourraient attendre encore un peu. Il faut dire que certaines franchises préfèrent attendre l’été.
Plusieurs dirigeants de la ligue estiment ainsi que cette échéance ne devrait pas tenir toutes ses promesses. Un cadre d’une franchise de la Conférence Est confie d’ailleurs, sans détour, « je ne vois pas un trade deadline particulièrement animé, même si cela pourrait préparer un été complètement fou ». Une déclaration qui résume assez bien l’état d’esprit général : prudence maximale à court terme, projections à plus long terme déjà en tête.
Un marché freiné par les contrats et le salary cap
Cette retenue s’explique d’abord par les dossiers les plus sensibles. Celui de Giannis Antetokounmpo est sur toutes les lèvres, mais malgré des discussions internes à Milwaukee sur l’avenir de la franchise, rien n’indique une mise sur le marché imminente. Les Bucks, au contraire, avanceraient comme acheteurs, cherchant à renforcer l’effectif autour de leur double MVP.
Derrière Giannis, d’autres noms circulent régulièrement, comme Ja Morant, Trae Young ou LaMelo Ball. Leur présence dans les rumeurs alimente les débats, mais leur valeur perçue à travers la ligue ne déclencherait pas de course effrénée. Entre interrogations sportives et contexte contractuel, peu d’équipes semblent prêtes à prendre des risques majeurs.
Le cas d’Anthony Davis illustre parfaitement ces blocages. Son contrat massif et ses pépins physiques répétés refroidissent plus d’un décideur, malgré son talent indéniable. D’autres franchises, comme celle de Los Angeles à l’Ouest, disposent de joueurs attractifs mais n’ont aucun intérêt stratégique à vendre, notamment en raison de choix de draft déjà cédés.
À cela s’ajoutent les contraintes du salary cap. Certaines équipes théoriquement candidates à un gros coup, comme Golden State ou Minnesota, sont coincées au-dessus du premier apron et limitées dans leurs marges de manœuvre. Les règles actuelles transforment la moindre discussion en véritable casse-tête financier. Mis bout à bout, tous ces éléments dessinent un scénario bien moins spectaculaire que prévu. Le 5 février pourrait passer sans secousses majeures, laissant les franchises conserver leurs cartes pour l’intersaison.
