José Garcia révèle pourquoi beaucoup d’acteurs (dont lui) tombent dans l’alcool : « Les gens…

José Garcia
Canal+ (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Franc, populaire et rarement dans la demi-mesure, José Garcia n’a jamais cultivé l’art du faux-semblant. À l’approche de la soixantaine, l’acteur a accepté de lever le voile sur une réalité moins glamour de son métier. Une parole directe, parfois dérangeante, mais surtout révélatrice. Et qui éclaire autrement certaines dérives du milieu.

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Figure incontournable du cinéma français depuis plus de trente ans, José Garcia enchaîne les succès populaires tout en revendiquant une liberté de ton rare. Révélé au grand public dans les années 1990, l’acteur d’origine espagnole s’est construit une carrière dense, alternant comédies cultes et rôles plus sombres.

En 2022, alors qu’il assurait la promotion de la série « Totems », il avait accepté de revenir sans détour sur ses propres failles et celles de nombreux comédiens. Interrogé par Paris Match, José Garcia posait d’emblée un constat lucide sur sa personnalité et son rapport aux excès :

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« J’ai beaucoup d’addictions, mais j’ai de la chance, je me lasse assez vite. »

Le magazine précisait alors la manière dont ces phases pouvaient s’installer puis disparaître brutalement :

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« Durant six mois, il peut fumer comme un pompier et arrêter du jour au lendemain ou encore aller à la salle de sport tous les jours (ce qu’il fait en ce moment), pour ne plus faire une minute d’exercice pendant deux ans. »

Parmi ces dépendances, l’alcool occupe une place à part dans le discours du comédien, tant elle est intimement liée à l’intensité du jeu et aux contraintes du tournage selon lieu. Toujours dans les colonnes de Paris Match, José Garcia détaillait ainsi ce mécanisme propre au métier d’acteur :

« On a un tel taux d’adrénaline quand on est dans le rôle qu’au moment où ça s’arrête on a besoin de boire des quantités assez démentes pour compenser. »

L’acteur emblématique de « La vérité si je mens » allait ensuite plus loin, décrivant des situations extrêmes que le corps et l’esprit doivent encaisser :

« Imaginez : sur un tournage, il m’est arrivé de me battre ou de m’engueuler 45 fois d’affilée avec quelqu’un, de 3 à 6 heures du matin non-stop. Les gens normaux ne font jamais ça ! Quand tu tues quelqu’un ou que tu le fracasses contre le sol, ton cerveau sait que c’est faux, mais ton geste, lui, est bien réel. Et c’est très difficile de redescendre. »

Avec le recul, José Garcia estime que ces dérives cachent en réalité une dépendance bien plus profonde, commune à de nombreux comédiens. Une addiction moins visible, mais parfois dévastatrice lorsque la carrière s’interrompt :

« Je crois qu’au fond la seule véritable addiction qu’on ait, nous, les acteurs, c’est ce métier. Certains en crèvent de ne plus pouvoir le faire. »

À bientôt 60 ans, José Garcia livre ainsi un témoignage brut, sans victimisation ni complaisance, sur les coulisses d’un métier souvent idéalisé. Conscient de ses excès mais maître de ses équilibres, l’acteur semble aujourd’hui apaisé et toujours animé par la même passion. Une sincérité rare, qui participe sans doute autant à son succès qu’à son attachement du public.

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