Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Même plusieurs années après sa disparition, Johnny Hallyday continue de faire parler de lui. Le rockeur, connu pour son mode de vie sans limites, laisse derrière lui une somme d’anecdotes parfois vertigineuses. Certaines ressurgissent encore aujourd’hui, portées par ceux qui l’ont accompagné au plus près. C’est le cas d’un ancien proche, qui s’est récemment confié sans détour.
Monstre sacré de la chanson française, Johnny Hallyday a marqué son époque autant par sa musique que par ses excès. Décédé en décembre 2017, celui que le public surnommait le Taulier incarnait une forme de liberté totale, quitte à flirter avec la démesure. Derrière les projecteurs, son quotidien était rythmé par les tournées, les nuits courtes et une intensité permanente. Un univers que Patrick Roussel, ancien garde du corps et chauffeur du chanteur, a bien connu pour l’avoir accompagné pendant plus d’une décennie.
Entre 1999 et 2011, Patrick Roussel a partagé le quotidien de l’interprète de « Que je t’aime », observant de l’intérieur un rythme de vie peu commun. Ces souvenirs, il les a consignés dans son livre « Tout le monde l’appelait Johnny », avant d’en livrer certains au micro de Guillaume Pley dans l’émission LEGEND, durant l’été 2023.
Interrogé sur la réputation sulfureuse de Johnny Hallyday et son rapport aux plaisirs nocturnes, Patrick Roussel avait accepté de raconter une scène très précise, survenue après un concert à Genève. Face caméra, l’ancien garde du corps n’a pas édulcoré ses propos :
« Je l’ai vu une fois (s’offrir des prostituées, ndlr). Il m’en a même payé une. Un soir, après un concert à Genève, il décide d’aller dans un club, car là-bas, comme en Belgique, ces clubs sont légaux. Il a ensuite fait venir des filles à l’hôtel pour certains de ses amis présents avec lui, dont une pour moi. Et je ne le savais pas ! C’est un de ses amis qui l’a amenée dans ma chambre, et j’ai dit : « Non merci, ça va aller ». J’ai pris un téléphone pour appeler un taxi, et je suis parti. »
Un témoignage brut, qui illustre une facette bien connue du chanteur, oiseau de nuit et coureur de jupons devant l’éternel. Face à Guillaume Pley, Patrick Roussel a également évoqué d’autres souvenirs, plus tendus cette fois, notamment une altercation en coulisses lors d’un prime de la Star Academy, impliquant Johnny Hallyday et la star américaine Chris Brown. La raison ? La clope du « Taulier ».
« Où qu’il aille, Johnny fumait. Or, Chris Brown veut que personne ne fume autour de lui. On était dans la pièce où les artistes attendaient avant de monter sur scène, et un garde du corps de Chris Brown pose sa main sur Johnny. Evidemment, je lui attrape le poignet et je le pousse. Johnny me dit : « Qu’est-ce qu’il veut ? » »
Je lui ai dit : « Il voudrait que vous arrêtiez de fumer, et moi j’aimerais que vous continuiez », parce que je n’ai pas aimé l’attitude, et je n’aimais pas spécialement le personnage. C’était tendu. Johnny a été seigneur. Il a continué à fumer, en marchant. Puis il s’est tourné, et a dit à Chris Brown : « J’arrête de fumer pour toi, pas pour eux (ses deux gardes du corps, ndlr) ». Et on est sortis. »
Ces récits, livrés sans fard, rappellent à quel point Johnny Hallyday était fidèle à lui-même, jusque dans les situations les plus improbables. Excessif, imprévisible, mais profondément libre, le rockeur a traversé sa vie comme il montait sur scène : sans concession. Et même des années après sa mort, ceux qui l’ont côtoyé continuent d’éclairer les coulisses d’une existence hors normes.
