Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Vendredi soir au Fiserv Forum, les Bucks ont arraché une victoire haletante face aux Hornets (122-121). Dans une rencontre longtemps indécise, tout s’est joué sur la dernière possession, conclue par un alley-oop victorieux de Giannis Antetokounmpo à moins de cinq secondes de la fin. Une action spectaculaire, mais surtout révélatrice d’un leadership assumé.
Cette dernière action n’est pas née du tableau de Doc Rivers. Alors que le coach dessinait un schéma pendant le temps mort, Giannis a pris la parole, observé la défense adverse et proposé une alternative. Une lecture immédiate de ce que Charlotte montrait depuis le début de la rencontre, notamment ses changements systématiques en défense.
Kevin Porter Jr., passeur décisif sur l’action, a ensuite levé le voile sur les coulisses de ce moment clé. « Doc dessinait quelque chose, et Giannis avait le sentiment qu’ils switchaient beaucoup. Il nous a donc proposé ce jeu, et on l’a exécuté. C’était un simple jeu à deux. Je surveille Miles Bridges : s’il monte, je lance le lob, sinon je finis moi-même. Il est monté, et Giannis est passé derrière », a-t-il expliqué.
Un QI basket au service du collectif
Cette séquence illustre une facette parfois sous-estimée d’Antetokounmpo. Souvent résumé à sa puissance et à son explosivité, le Grec a démontré ici une compréhension fine des situations de fin de match. Une capacité à anticiper les choix défensifs adverses et à ajuster l’action en conséquence, sans forcer l’isolement.
Interrogé après la rencontre, Giannis a détaillé son raisonnement avec précision. « J’ai simplement lu l’action. Ils switchaient de un à cinq tout le match. J’ai déjà vécu cette situation. Il y a un mois et demi, contre Miles Bridges, j’étais en isolation et j’ai pris un tir. En regardant ensuite à gauche, j’ai vu un joueur ouvert et je me suis dit que j’aurais dû laisser l’action se développer », a-t-il raconté.
La clé résidait dans le détail. « Je savais qu’ils allaient switcher. Je n’allais pas poser un pick-and-roll classique, mais glisser directement vers le cercle. Le défenseur sur Scoot faisait environ 1m95, c’est très difficile de protéger le cercle dans ces conditions », a ajouté le double MVP, conscient de l’avantage créé par le mismatch.
Avec ce succès, Milwaukee affiche un bilan de 3 victoires pour 1 défaite depuis son retour et remonte à 15-20. Mais au-delà du classement, cette fin de match en dit long sur la dynamique interne. Dans les moments qui comptent, Antetokounmpo ne se contente plus d’exécuter : il lit, décide et assume. Quitte à mettre son coach de côté.
