Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Une règle pensée pour protéger le spectacle pourrait bien devenir l’un des sujets les plus clivants de la ligue. Introduite récemment, elle continue de faire débat dans les vestiaires comme dans les médias. Et lorsqu’une superstar comme Kevin Durant prend la parole, la discussion change immédiatement de dimension.
Depuis la mise en place du seuil minimum de 65 matchs joués pour être éligible aux distinctions individuelles, la NBA tente de lutter contre le load management jugé excessif par une partie du public. L’objectif est clair : garantir la présence des stars sur le terrain tout au long de la saison régulière. Mais dans les faits, cette règle commence déjà à montrer ses limites.
Les conséquences sont lourdes. Des campagnes individuelles majeures peuvent être brutalement compromises par une blessure, même involontaire. Nikola Jokic en fait aujourd’hui les frais, sa course au MVP étant fragilisée par une hyperextension du genou qui l’éloigne des parquets pendant plusieurs semaines. Avant lui, Victor Wembanyama avait déjà vu ses chances pour le titre de Défenseur de l’année s’envoler pour des raisons similaires.
Une règle vouée à évoluer sous la pression
Face à cette situation, Kevin Durant ne cache pas son scepticisme quant à la longévité de cette mesure. « Je me suis habitué à ce seuil des 65 matchs maintenant. Les dirigeants de la NBA écoutent, ils essaient généralement de s’adapter aux fans. Je pense que cette règle a été mise en place parce que les fans et les médias se plaignaient, pas uniquement à cause du load management », a-t-il expliqué sur son compte X.
Pour Durant, cette décision s’inscrit dans une logique plus large, déjà observée par le passé. « Comme le All-Star Game, le tournoi de mi-saison ou le play-in. Je suis sûr qu’ils finiront par revenir en arrière une fois que davantage de médias et de fans auront un problème avec cette règle », a-t-il ajouté, convaincu que la ligue ajustera son cadre réglementaire.
L’ailier souligne ainsi un paradoxe : en cherchant à protéger l’intérêt du public, la NBA risque de pénaliser injustement des joueurs victimes d’aléas physiques incontrôlables. Une blessure accidentelle peut désormais effacer des mois de performances élite, sans réelle prise en compte du contexte.
Dans un calendrier toujours plus dense et exigeant, cette rigidité interroge. Les franchises doivent déjà jongler entre santé des joueurs et compétitivité, tandis que les stars évoluent sous une pression statistique constante. La règle des 65 matchs ajoute une contrainte supplémentaire, parfois perçue comme déconnectée de la réalité du terrain.
