Par Rédaction | Sport
Giannis Antetokounmpo n’a jamais caché sa vision du basket, mais cette saison, son message est limpide. Il ne s’agit plus seulement de dominer physiquement ou d’empiler les points. Le leader des Bucks veut désormais être au centre de toutes les décisions, gérer le tempo et initier les actions, comme un véritable meneur de jeu.
Cette évolution n’est pas anodine. Dans une organisation encore en quête de stabilité collective, Giannis estime que sa capacité à lire le jeu peut devenir un levier majeur. Il touche davantage le ballon dans des zones clés, cherche à créer des décalages plus tôt dans les possessions et assume un rôle plus cérébral, sans renier son impact offensif.
Après une victoire convaincante face à Sacramento, le Grec a mis des mots sur cette transformation. « J’en suis à un moment de ma carrière où je veux avant tout aider mon équipe à gagner. Est-ce que je crois pouvoir organiser le jeu et créer des actions ? Oui. Quand je distribue sept passes décisives ou plus, on gagne près de 70 % de nos matches », a-t-il expliqué, soulignant le lien direct entre sa création et les succès collectifs.
Giannis, chef d’orchestre assumé des Bucks
Les chiffres confirment ce discours. Avec près de 30 points, 10 rebonds et plus de 5 passes décisives de moyenne, Giannis reste ultra-productif. Mais au-delà des totaux, c’est son taux de passes décisives, le plus élevé de sa carrière, qui interpelle. Il ne force plus systématiquement l’accès au cercle : il attire la défense, puis sanctionne par la passe.
Cette approche s’inscrit aussi dans une logique de développement. Antetokounmpo a clairement indiqué vouloir laisser de l’espace aux jeunes arrières de l’effectif, comme Kevin Porter Jr. ou Ryan Rollins. En leur confiant davantage de responsabilités maintenant, il cherche à les préparer aux exigences des matches serrés, notamment à l’extérieur ou dans les moments clés de la saison.
Sur le plan collectif, ce choix traduit une forme d’urgence. Les Bucks naviguent encore en dehors du top 8 à l’Est, avec un bilan négatif. Pour Giannis, attendre les playoffs pour définir l’identité offensive serait une erreur. En centralisant la création, il simplifie le jeu, limite les dribbles superflus et impose des choix immédiats aux défenses adverses.
Longtemps perçu comme une force brute impossible à contenir, Antetokounmpo franchit un nouveau cap. En devenant l’initiateur des actions, il ne se contente plus de conclure le jeu : il le façonne. Et à Milwaukee, l’équation semble de plus en plus claire. Lorsque Giannis mène l’attaque, les Bucks trouvent enfin un sens collectif.
