Par Rédaction | Sport
Si l’exercice s’arrêtait aujourd’hui, Nikola Jokic serait l’un des favoris pour le titre de MVP, Victor Wembanyama serait solidement installé dans la course au Défenseur de l’année et Cooper Flagg tiendrait la corde pour le trophée de rookie. Mais la règle de la NBA change tout.
La fameuse règle des 65 matchs minimum pour être éligible aux récompenses majeures menace directement plusieurs têtes d’affiche. Jokic, Wembanyama et Antetokounmpo flirtent dangereusement avec la limite, tandis que des profils comme Kawhi Leonard ou Joel Embiid sont déjà presque hors course. Un contexte qui ouvre soudainement la porte à des joueurs habituellement cantonnés au second rideau.
C’est précisément ce bouleversement potentiel qu’a analysé Kevin Pelton sur ESPN. L’analyste souligne à quel point une simple blessure peut désormais redéfinir toute une saison individuelle. Pelton : « La candidature de Nikola Jokic pour un quatrième MVP, où il était légèrement favori devant Shai Gilgeous-Alexander, s’est presque certainement arrêtée avec son hyperextension du genou le 29 décembre. Et même si Victor Wembanyama a évité une blessure grave, les deux matchs manqués après sa propre hyperextension pourraient aussi l’empêcher d’être qualifié. »
Une règle qui change la valeur des distinctions
Au-delà des trophées, Pelton insiste sur un point central souvent sous-estimé. Pelton : « Avec déjà trois sélections All-NBA 2024-2025 hors course et Giannis Antetokounmpo proche de dépasser la limite, les récompenses de cette saison pourraient avoir un visage très différent. Les équipes All-NBA, en particulier, sont cruciales en raison de leur impact sur l’éligibilité aux contrats supermax. » Une phrase lourde de conséquences pour les franchises comme pour les joueurs.
Dans ce contexte, les absences des superstars créent un appel d’air inédit. Des joueurs comme Jalen Brunson, Jaylen Brown, Anthony Edwards, Cade Cunningham, Tyrese Maxey ou Alperen Sengun, souvent cités mais rarement prioritaires dans les débats de fin de saison, pourraient se retrouver propulsés sur le devant de la scène. Non pas par explosion soudaine de leur niveau, mais par simple présence continue sur le terrain.
Cette dynamique change aussi la lecture des performances. La durabilité devient un critère aussi décisif que l’impact pur. Jouer 70 matchs solides peut désormais peser davantage qu’une saison brillante mais écourtée à 58 rencontres. Pour certains profils intermédiaires, c’est une opportunité unique d’accéder à une reconnaissance jusque-là réservée à l’élite absolue.
À plus long terme, cette situation pourrait même influencer les stratégies médicales et contractuelles. Les franchises hésiteront davantage à mettre leurs stars au repos, conscientes que chaque match manqué peut coûter des dizaines de millions de dollars à leurs joueurs, et modifier l’équilibre financier interne. La règle des 65 matchs, pensée pour valoriser la disponibilité, est en train de transformer en profondeur la hiérarchie individuelle de la NBA.
