Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Boston réalise une saison bien plus solide que prévu malgré l’absence prolongée de Jayson Tatum. Portée par un Jaylen Brown dominant et un collectif mieux huilé, la franchise s’est installée parmi les meilleures équipes de l’Est. Cette dynamique pose désormais une vraie question stratégique. Faut-il vraiment réintégrer Tatum en fin de saison, au risque de tout bouleverser.
L’idée peut sembler contre-intuitive tant Tatum reste le visage de la franchise. Pourtant, une partie des observateurs estime que Boston a trouvé un équilibre inédit sans lui. Les rôles sont plus clairs, la hiérarchie mieux acceptée, et l’intensité collective plus constante sur quarante-huit minutes. Ce contexte explique pourquoi le simple retour de la star soulève aujourd’hui autant de débats internes et médiatiques.
Kenyon Martin s’est justement positionné de manière très tranchée sur le sujet. Selon lui, réintroduire Tatum après des mois d’absence reviendrait à casser ce que l’équipe a construit depuis le début de la saison. « Non, il perturbe tout ce qu’ils ont bâti toute l’année. S’il revient en avril, la saison est pratiquement finie. Tu essaies de l’ajouter à du basket de playoffs, alors que ces gars ont joué plus de 80 matches sans lui. Ça change les rôles de tout le monde », a-t-il expliqué, insistant sur l’aspect collectif avant le talent individuel.
Une dynamique collective fragile à préserver
Depuis la blessure au tendon d’Achille de Tatum, beaucoup voyaient cet exercice comme une année de transition. Pourtant, Boston a accéléré après un début hésitant, enchaînant les victoires et grimpant au classement. Jaylen Brown s’est affirmé comme le leader offensif et émotionnel de l’équipe, tandis que les joueurs de complément ont trouvé une vraie continuité dans leurs responsabilités.
Cette stabilité est précisément ce que craint de voir disparaître Kenyon Martin. Il rappelle que la condition physique, le rythme et la lecture du jeu ne se retrouvent pas instantanément. « Ce n’est pas juste entrer sur le terrain. Ce n’est pas le football où tu joues d’un seul côté du ballon. Sam Hauser a un meilleur ressenti de la saison, il est en meilleure forme et il a joué plus de matches que Jayson Tatum », a-t-il lancé, soulignant l’écart de préparation entre les joueurs en rythme et une star absente depuis des mois.
Pour autant, ignorer totalement l’apport potentiel d’un joueur du calibre de Tatum reste risqué. En playoffs, les séries se jouent souvent sur des détails, une blessure imprévue ou une soirée sans adresse de la star principale. Disposer d’un joueur capable de prendre feu à n’importe quel moment peut devenir une assurance précieuse dans les moments critiques.
La vraie question réside donc dans la manière, plus que dans le principe. Un retour progressif, avec un temps de jeu contrôlé et un rôle clairement défini, pourrait permettre de limiter les dégâts sur l’alchimie collective. Si Tatum revient à 100 % physiquement et accepte une intégration graduelle, Boston pourrait transformer ce casse-tête en avantage stratégique plutôt qu’en facteur de déséquilibre.
