Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Jusqu’au bout, Johnny Hallyday aura voulu rester debout, fidèle à l’image de guerrier qu’il s’était forgée au fil des décennies. Mais derrière la légende, la fin de vie du Taulier a été marquée par une immense souffrance, physique comme morale. Plusieurs proches ont levé le voile sur ces derniers mois éprouvants. Et certains témoignages, dont celui de Nathalie Baye, continuent de bouleverser.
Monstre sacré de la chanson française, Johnny Hallyday a traversé une fin de vie particulièrement difficile, frappé par un cancer du poumon qui l’a considérablement affaibli. Malgré la maladie, l’idole des foules a tenu à honorer ses engagements artistiques, notamment lors de la tournée des Vieilles Canailles, aux côtés de Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Un choix courageux, presque déraisonnable, tant la douleur était omniprésente, mais qui résumait son rapport viscéral à la scène.
Désireux de mourir sur scène selon certains proches, l’interprète de « Que je t’aime » a repoussé ses limites. Derrière les projecteurs, un dispositif médical lourd avait été mis en place pour lui permettre de monter sur scène. Une organisation hors norme, révélatrice de l’état de santé extrêmement fragile du chanteur, mais aussi de sa détermination à continuer coûte que coûte. Dans un entretien pour la presse, Laeticia Hallyday avait confié :
« Derrière la scène, on a monté un hôpital. Il y a un médecin qui lui fait des piqûres dans le ventre, il y a un masque à oxygène et il va sur scène comme un guerrier, un soldat… »
Si le public voyait encore le rockeur flamboyant, la réalité était tout autre une fois rentré à son domicile de Marnes-la-Coquette. Loin du tumulte des salles de concert, Johnny Hallyday s’enfonçait dans une profonde solitude. Et les mots les plus durs sont peut-être venus de Nathalie Baye, grande figure du cinéma français, qui a partagé sa vie dans les années 1980 et avec qui il a eu Laura Smet. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche en 2022, elle avait déclaré :
« Dans les dernières années, il était extrêmement malheureux dans sa vie. Il était tout seul, toute la journée, dans son bureau, avec la télévision allumée. Je ne l’avais jamais vu aller aussi mal. Il ressemblait à un mort-vivant. J’étais triste que Laura voie son père dans cet état-là »
Ces confidences, rares et poignantes, rappellent que derrière l’icône adulée se cachait un homme profondément éprouvé par la maladie et la solitude. Une fin de vie douloureuse, loin des projecteurs, qui contraste cruellement avec la ferveur populaire entourant encore aujourd’hui la mémoire de Johnny Hallyday.
