NBA – Quel joueur pour construire sa franchise de zéro ? « Je préfère cette star à Wembanyama »

Victor Wembanyama, la star française des Spurs
San Antonio Spurs (DR)

Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport

Victor Wembanyama continue de diviser, même lorsqu’il s’agit d’un exercice théorique. Alors que beaucoup le considèrent déjà comme la pierre angulaire idéale pour bâtir une franchise, certaines voix autorisées refusent de suivre ce consensus. C’est le cas de Jason Williams, ancien champion NBA, qui a récemment surpris en expliquant pourquoi il ne choisirait pas le Français en priorité.

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L’échange a eu lieu lors d’un débat autour des derniers numéros un de draft, où les intervenants devaient désigner le joueur autour duquel ils construiraient une équipe à partir de zéro. Très vite, Jason Williams a écarté certains profils avant d’annoncer un choix inattendu. Plutôt qu’un intérieur hors norme, il a opté pour un meneur capable de dynamiter une attaque, privilégiant la création balle en main à l’impact physique et défensif.

Il a ainsi déclaré : « Je choisis Cade Cunningham plutôt que Wembanyama. Ensuite, je prends Anthony Edwards, puis seulement après Wemby ». Un classement qui a immédiatement fait réagir, tant le Français est perçu comme un talent générationnel capable de transformer une franchise à lui seul.

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Une vision qui interroge sur l’impact réel de Wembanyama

Jason Williams a ensuite développé son raisonnement en insistant sur le contexte collectif. Selon lui, le niveau de Wembanyama dépendrait fortement de l’environnement dans lequel il évolue, bien plus que celui d’un meneur dominant : « Qu’est-ce que Wemby ferait dans une équipe comme Memphis ? Sans manquer de respect aux Grizzlies, il jouerait bien, mais il ne ferait pas ce qu’il fait avec les Spurs ». Pour Williams, le système et les joueurs autour du Français amplifient largement son rendement.



Face aux objections des autres intervenants, l’ancien meneur n’a pas changé de cap. Il a reconnu les qualités universelles du rookie français, tout en maintenant que son impact serait moindre dans un effectif moins adapté : « Je suis d’accord pour dire qu’il peut s’intégrer partout, mais ce ne serait pas le même niveau d’impact que dans l’environnement actuel de San Antonio ». Une position qui met clairement en avant la valeur d’un créateur de jeu autonome par rapport à un intérieur, aussi unique soit-il.

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Cette analyse révèle aussi une part de subjectivité. Jason Williams a passé douze saisons en NBA en tant que meneur, un poste qu’il a toujours valorisé comme le moteur principal d’une équipe compétitive. Son regard est naturellement influencé par son propre parcours, et par l’idée qu’un joueur capable de contrôler le ballon et le tempo reste l’option la plus sûre pour construire sur le long terme.

L’argument montre vite ses limites lorsqu’on se penche sur le profil exact de Wembanyama. Rarement un joueur n’a combiné une telle envergure avec une mobilité, une coordination et une polyvalence offensive aussi marquées. Peu de joueurs dans l’histoire ont à ce point transformé la géométrie du terrain. Cela n’enlève évidemment rien aux qualités de Cade Cunningham ou d’Anthony Edwards, deux arrières capables d’incarner une franchise pendant une décennie. Mais ces profils, aussi précieux soient-ils, existent à chaque génération. Wembanyama, lui, s’inscrit déjà dans une catégorie à part.

Conférence Ouest Les Français (NBA) NBA 24/24 San Antonio Spurs Victor Wembanyama