Homosexuel, l’unique pays au monde où Elton John a été banni : « Je suis interdit d’accès là-bas »

Elton John est reconnu dans le monde entier
TF1 (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Icône planétaire de la musique pop, Elton John a toujours assumé publiquement son homosexualité, quitte à heurter certaines sensibilités. Au fil de sa carrière, le Britannique s’est produit dans des pays où le sujet reste tabou, voire vivement rejeté. Mais un État est allé plus loin que les autres. Un pays qui lui a définitivement fermé ses portes.

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Légende vivante de la musique internationale, Elton John a construit une carrière hors normes, jalonnée de tubes planétaires et de prises de position très tranchées. Figure emblématique de la communauté LGBT, l’interprète de Rocket Man n’a jamais édulcoré ses combats, y compris lorsqu’il se produisait dans des régions du monde où l’homosexualité est mal perçue. Il s’est par exemple produit au Maroc malgré des protestations, assumant pleinement sa ligne de conduite artistique et personnelle.

Mais en 2010, un pays a décidé de lui interdire purement et simplement l’accès à son territoire. Dans les colonnes du Mirror, le chanteur britannique était revenu sur cet épisode marquant, évoquant une frustration jamais digérée :

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« Le seul endroit où l’on m’a carrément interdit l’accès est l’Égypte, ce qui est vraiment regrettable. J’ai toujours voulu jouer devant les pyramides… »

Un bannissement définitif qui a empêché Elton John, désormais retraité des tournées, de donner le moindre concert en Égypte dans sa vie. Un choix assumé par les autorités locales, qui redoutaient ses prises de position publiques. Car l’artiste est connu pour ne jamais se taire lorsqu’il estime une cause juste, quitte à provoquer. Toujours dans la presse britannique, il expliquait sa philosophie sans détour :

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« Si quelqu’un me dit de ne pas faire quelque chose, je le fais toujours. (Par exemple), je ne vais pas aller en Russie à l’époque de Poutine sans parler des droits de l’homme et de ce qui arrive à la communauté gay là-bas. Je dois aux gens de le faire ».

Une posture militante jugée incompatible avec les valeurs défendues par les instances culturelles égyptiennes. La direction de l’Union des musiciens d’Égypte (EMU), chargée de délivrer les autorisations aux artistes étrangers, avait justifié cette décision par la voix de son président, Mounir al-Wasimi, se basant sur des déclarations de l’artiste :

«Un homosexuel qui veut interdire les religions, a clamé que le prophète Issa [le nom coranique de Jésus, ndlr] était homosexuel, et qui appelle les pays du Moyen-Orient à autoriser les gays à bénéficier d’une liberté sexuelle ne peut pas se produire».

Ce refus catégorique illustre le fossé culturel et politique entre l’artiste britannique et certaines autorités du Moyen-Orient. Une ligne rouge que l’Égypte n’a jamais souhaité franchir, quitte à se priver d’un concert d’une des plus grandes stars de l’histoire de la musique.

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