Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
L’avenir de Jonathan Kuminga semble plus flou que jamais à l’approche de la date limite des échanges. Longtemps présenté comme un projet central à Golden State, l’ailier de 23 ans se retrouve aujourd’hui dans une situation paradoxale, coincé entre son potentiel évident et une valeur marchande qui s’est nettement érodée.
Au sein de la franchise californienne, le malaise est palpable depuis plusieurs semaines. Kuminga a progressivement disparu de la rotation, pendant que d’autres profils, jugés plus compatibles avec les exigences collectives de Steve Kerr, ont gagné du terrain. Cette mise à l’écart sportive nourrit logiquement les spéculations autour d’un possible départ, même si l’intérêt extérieur ne suit pas.
Selon plusieurs sources bien informées, le marché autour de Kuminga est aujourd’hui extrêmement limité. « Parmi les 29 autres équipes NBA, seules les Sacramento Kings ont montré un réel intérêt pour recruter Kuminga », rapporte Monte Poole. « Le fait que Sacramento soit seul sur cette île en dit long. Les 28 autres équipes n’ont manifesté qu’un intérêt très tiède, laissant le marché de Kuminga encore plus froid qu’en juillet dernier ». Un constat brutal pour un joueur qui espérait incarner l’avenir.
Un isolement qui interroge
Ce manque d’enthousiasme général interpelle d’autant plus que le profil de Kuminga reste attractif sur le papier. Explosif, puissant et capable de défendre sur plusieurs postes, il correspond théoriquement aux standards modernes de la ligue. Pourtant, son positionnement hybride et ses attentes offensives semblent refroidir de nombreuses franchises, peu enclines à lui confier un rôle majeur.
Les Kings apparaissent ainsi comme une exception, davantage par contexte que par conviction sportive pure. Sacramento cherche à alléger sa masse salariale et à initier une reconstruction, ce qui pourrait ouvrir une fenêtre pour un pari sur un jeune joueur encore malléable. Dans cette optique, Kuminga représenterait un actif à développer plutôt qu’une solution immédiate.
Sur le plan statistique, l’ailier n’a pourtant pas démérité lorsqu’il a été disponible. Avant d’être freiné par une tendinite au genou, il affichait 13,8 points et 6,6 rebonds de moyenne en 13 rencontres, avec une efficacité correcte au tir. Des chiffres qui confirment son potentiel, mais qui ne suffisent visiblement pas à convaincre la majorité des organisations NBA.
À Golden State, la vision initiale était claire : faire de Kuminga un ailier polyvalent, capable de défendre dur, de couper vers le cercle et de s’intégrer dans un collectif huilé autour de Stephen Curry. Mais les ambitions personnelles du joueur, désireux de créer davantage balle en main, ont progressivement créé un décalage avec le cadre existant.
