Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Huit ans après la disparition de Johnny Hallyday, les souvenirs restent vifs chez ceux qui l’ont accompagné toute sa vie. Parmi eux, Eddy Mitchell, ami de toujours et témoin privilégié des excès du rockeur. Avec le recul, le chanteur ne cache ni sa tristesse ni ses regrets. Et ses mots résonnent avec une franchise désarmante.
Chanteurs emblématiques de la génération yé-yé, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell ont grandi ensemble dans la lumière comme dans les zones d’ombre. Liés depuis l’adolescence, les deux artistes ont partagé bien plus que des scènes et des succès. Derrière la légende du “Taulier”, Eddy Mitchell a vu de près les excès d’un homme habité par une soif de tout, quitte à se mettre en danger. Une trajectoire qu’il a longtemps tenté d’infléchir.
Car si Johnny Hallyday a marqué l’histoire de la musique française, son rapport aux substances a aussi façonné sa vie. Drogues dures, psychotropes, cocaïne, que le chanteur avait lui-même reconnu consommer, mais aussi héroïne, notamment expérimentée avec Gérard Depardieu. Excessif par nature, l’interprète de « Que je t’aime » n’a jamais vraiment su lever le pied, malgré les alertes répétées de son entourage. Au micro du Parisien en 2021, Eddy Mitchell évoquait d’ailleurs ce combat perdu d’avance :
« Je regrette qu’il ait un peu bousillé sa vie, qu’il n’ait pas écouté des proches tels que moi pour se calmer. Dans la vie, j’étais un peu son grand frère. Quand il prenait des choses dérangeantes (de la drogue dure, ndlr), je lui disais de se calmer. Mais il ne m’écoutait pas. Il n’a jamais écouté qui que ce soit. Je n’étais pas le seul à le mettre en garde, à lui dire de mieux se tenir, de boire moins, de se coucher plus tôt… Il se défonçait énormément. Il n’y avait pas d’autres choses à faire. Tant pis, tant mieux. Je regrette surtout pour lui »
Au-delà de la drogue, Johnny Hallyday entretenait aussi un rapport destructeur avec l’alcool, qu’il a consommé de manière excessive pendant la majeure partie de sa vie. Une différence notable avec Eddy Mitchell, qui, s’il a beaucoup abusé, a su s’arrêter à temps. Dans un autre entretien, cette fois accordé à RTL, l’ancien membre des Chaussettes Noires avait d’ailleurs insisté sur ce point :
« C’est une partie de ma vie, il me manque, bien sûr, mais il l’a bien voulu… On a suivi le même chemin, mais lui y allait plus fort. Johnny buvait pour se saouler. Pas moi. Il faut éviter l’alcool blanc, ça détruit les os, Johnny a été opéré d’une hanche à 40 ans. »
Avec le temps, Eddy Mitchell ne juge pas, mais constate. Derrière l’icône adulée, il reste l’image d’un ami emporté par ses propres excès, malgré les mises en garde. Un destin hors normes, à l’image de Johnny Hallyday, qui continue de fasciner près d’une décennie après sa disparition.
