Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Les attentes étaient élevées autour de Golden State en début de saison, portées par l’arrivée de Jimmy Butler et l’idée d’un groupe enfin stabilisé. Après une campagne précédente encourageante et un été complet pour travailler les automatismes, beaucoup imaginaient une franchise prête à jouer les premiers rôles à l’Ouest. À mi-parcours, la réalité est pourtant plus nuancée, presque inconfortable.
Avec un bilan de 22 victoires pour 19 défaites, la franchise californienne navigue dans le ventre mou de la conférence Ouest. Une huitième place provisoire qui reflète davantage une équipe hésitante qu’un véritable candidat au titre. Trop forte pour sombrer, mais trop irrégulière pour s’imposer comme une menace sérieuse, Golden State peine à définir son identité.
Interrogé après une victoire sans éclat face à Portland, Jimmy Butler n’a pas cherché à masquer son ressenti. Fidèle à sa réputation de compétiteur direct et exigeant, l’ailier a livré une analyse sans détour de la situation actuelle. Un constat simple, mais lourd de sens pour une franchise habituée aux sommets.
Un mot qui résume un malaise plus profond
« Médiocre », a lâché Jimmy Butler pour qualifier la saison de son équipe jusqu’ici. Un terme fort, mais assumé, qui en dit long sur le décalage entre le potentiel perçu et la production réelle sur le parquet. « On doit gagner plus de matches et en perdre moins. Être moyen, c’est le pire endroit possible, parce que ça peut aller dans un sens comme dans l’autre, mais personne ne veut être juste moyen », a-t-il poursuivi, visiblement agacé par cette impression de stagnation.
Les chiffres confirment ce sentiment diffus. Golden State pointe seulement au 16e rang offensif et au 10e rang défensif, symbole d’une équipe capable de séquences de haut niveau, mais incapable de les enchaîner sur la durée. Cette inconstance empêche la franchise de réellement capitaliser sur ses points forts et d’imposer son rythme face aux adversaires les plus solides.
Pour Butler, le problème ne vient pas tant du talent que de l’approche. « On sait ce dont on est capables, mais on ne le fait pas tout le temps. Parfois, on dirait qu’on se lasse du processus, qu’on tente des choses juste parce qu’on peut, alors qu’on ne devrait jamais faire ça », a-t-il expliqué, pointant un manque de discipline collective plus qu’un déficit individuel.
Steve Kerr semble avoir trouvé une rotation plus cohérente ces dernières semaines, avec davantage de responsabilités confiées à De’Anthony Melton ou Gui Santos. Reste que, pour espérer peser en playoffs, Golden State devra trouver une option offensive fiable capable de soulager Curry lorsque les défenses se referment sur lui. Sans ce pas en avant collectif, la franchise risque de rester exactement là où Butler refuse de la voir : coincée dans une dangereuse médiocrité.
