L’aveu terrible de Djibril Cissé sur son année en Russie : « On m’a dit que dans la ville, les noirs…

La légende Djibril Cissé
That Peter Crouch Podcast (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Ancien attaquant de l’équipe de France, Djibril Cissé a mené une carrière marquée par l’exil et les expériences à l’étranger. Des terrains d’Angleterre à ceux de la Grèce, il a souvent quitté sa zone de confort. En 2013, c’est en Russie qu’il a posé ses valises, pour une aventure aussi dépaysante que marquante. Une période dont il garde un souvenir amer.

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Globe-trotter du football européen, Djibril Cissé n’a jamais hésité à relever des défis loin de la France. Révélé à l’AJ Auxerre sous les ordres de Guy Roux, l’ancien international tricolore a poursuivi sa carrière dans des championnats parfois inattendus. Parmi eux, la Russie, où il a évolué durant l’année 2013 sous les couleurs du Kouban Krasnodar, club aujourd’hui disparu.

Le football russe traîne depuis longtemps une réputation sulfureuse en matière de racisme dans les stades. Plusieurs joueurs non occidentaux ont dénoncé des comportements inacceptables, à commencer par Yaya Touré, ciblé lors d’un match amical avec Manchester City. Un épisode qui avait profondément choqué Djibril Cissé, lui-même passé par le championnat russe quelques années plus tôt.

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Interrogé à l’époque sur cette affaire, l’ancien buteur avait tenu à dénoncer publiquement ces dérives, en prenant des exemples précis. Il déclarait alors, à propos de joueurs évoluant au CSKA Moscou :

« Au CSKA Moscou aussi il y a des joueurs de couleurs – Doumbia, Musa. Et ils ont la meilleure équipe en attaque. Les fans ne les aiment-ils pas ? Et Vagner Love ? Il était au CSKA Moscou pour l’amour de Dieu ! Mais sa peau n’était pas blanche, si ? Est-ce qu’il mérite des hués, des insultes ? Je ne comprends pas comment les gens peuvent se le permettre. »

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Toujours dans cette même prise de parole, Djibril Cissé insistait sur la frontière à ne jamais franchir dans un stade, rappelant que la passion ne saurait justifier l’intolérance :

« Si tu viens au stade, tu peux hurler, jurer, taper des pieds, dire des mots injurieux à propos du jeu et scander des chants. Mais tu ne peux pas franchir la ligne. Tu ne peux pas insulter les joueurs en raison de leur goût personnel ou de leur croyance. »

L’ancien Marseillais allait plus loin, dénonçant un phénomène nuisible au football lui-même et à l’image des clubs concernés :

« C’est une provocation qui insulte ta propre équipe. C’est une honte que les gens ne comprennent pas de choses aussi simples. L’histoire avec Yaya Touré prouve que le monde est plein de gens stupides qui gâchent tout. »

Si ces propos visaient un cas précis, Djibril Cissé n’a malheureusement pas été épargné lui-même lors de son passage en Russie. Auteur de cinq buts en vingt-cinq matchs avec le Kouban Krasnodar, il n’a pas rencontré de difficultés particulières dans son club. C’est en revanche lors d’un déplacement à Saint-Pétersbourg que la situation a dégénéré.

Revenant sur cet épisode, l’ancien attaquant des Bleus a raconté avoir été directement pris pour cible depuis les tribunes. Il expliquait ainsi ce qu’il avait vécu sur place :

« Si j’ai eu le même problème en Russie ? Oui, à Saint-Pétersbourg. Je me suis fait jeter une banane des tribunes, j’ai été hué. C’était désagréable. Ensuite j’ai appris que dans la ville, les noirs étaient régulièrement confrontés à une telle situation. Malheureusement… Ils n’aiment pas les joueurs noirs. »

Des révélations glaçantes, qui rappellent que le racisme dans les stades reste un fléau persistant, malgré les campagnes de sensibilisation et les sanctions annoncées par les instances. Le témoignage de Djibril Cissé, encore aujourd’hui, souligne l’urgence d’une tolérance zéro face à ces comportements, pour espérer un football enfin débarrassé de ces dérives indignes.

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