Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse lointaine, mais une réalité que chacun commence à percevoir dans son quotidien. Les étés récents, marqués par des records de chaleur, ne font qu’accentuer l’inquiétude. Évelyne Dhéliat, figure emblématique de la météo en France, a récemment partagé une prévision pour 2050 qui laisse peu de place à l’optimisme.
Figure emblématique de la météo en France, Évelyne Dhéliat, directrice du service météo de TF1 et LCI, attire depuis des décennies l’attention du public sur les phénomènes climatiques et les tendances à long terme. Originaire de Cologne et âgée de 77 ans, la présentatrice est régulièrement sollicitée pour analyser les températures et commenter les étés de plus en plus chauds. Après l’été caniculaire de 2023, elle a exposé des projections particulièrement alarmantes, notamment pour la Bretagne et le Nord-Ouest du pays.
L’Organisation Météorologique Mondiale, organisme des Nations Unies, lui avait demandé dès 2014 d’établir des prévisions pour 2050, et Évelyne Dhéliat a mis à jour ces chiffres récemment : en 2014, Météo France lui avait annoncé 40 degrés à Paris, ce qui lui avait paru déjà “hallucinant”. Interrogée sur les nouvelles projections pour 2050 durant l’été 2023, elle avait ajouté sans fard :
« Il y a peu, je leur ai demandé leurs prévisions pour août 2050. Sur les régions de l’Est, il y a peu de différences, à savoir un ou deux degrés de plus que prévu en 2014. Dans le centre de la France, la hausse serait de 4 à 5 degrés. Et sur le Nord-Ouest et notamment sur la Bretagne, il y aurait 10 degrés de plus ! »
Cette prévision signifie qu’un été à plus de 30 degrés de moyenne à Brest, contre 21 degrés en juillet-août 2023, pourrait devenir la norme d’ici trois décennies. La spécialiste avait souligné que ces projections reposent sur des données scientifiques précises fournies par Météo France et validées par l’OMM, et non sur des suppositions.
Évelyne Dhéliat avait également tenu à clarifier les méthodes derrière les cartes météorologiques, parfois critiquées pour donner, selon certains, l’impression que les températures augmentent artificiellement :
« Je vous garantis que si on prend les couleurs depuis 2002, on n’a rien changé (sur l’utilisation des couleurs). Pour faire très simple, nous travaillons avec Météo France qui nous donne pour une liste de villes les températures minimales et maximales pour le lendemain. Ces températures sont comparées aux moyennes de saison, elles-même calculées sur une période de 30 ans.
Nous avons 9 couleurs qui se répartissent de la manière suivante : 4 bleues, 3 beiges et 2 plus rougeâtres. Cela nous offre la possibilité de les décliner et nous permet d’atteindre une amplitude de 18 degrés, car une couleur représente deux degrés. Quand on est en dessous des normales, on commence à décliner le bleu. Et pour les températures supérieures à la moyenne, plus il fera chaud, plus on va passer du beige au rougeâtre. »
Pour la météorologue, ces chiffres doivent servir de signal d’alerte et encourager la population à agir dès aujourd’hui, puisque l’augmentation drastique des températures dans certaines zones pourrait transformer radicalement le climat français et les habitudes quotidiennes des habitants. L’urgence climatique est donc bien réelle selon Evelyne Dhéliat, et les projections pour 2050 rappellent que chaque geste compte.
