Par Rédaction | Sport
Rapidement reparti après une seule saison, Gianluigi Buffon garde un souvenir contrasté de son passage en France. Le gardien italien, habitué à l’exigence extrême du football transalpin, a découvert à Paris un environnement bien différent. Une parenthèse qui lui a permis de comparer deux cultures. Et de livrer, avec le recul, une analyse sans détour.
Figure mythique du football italien, Gianluigi Buffon a bâti l’essentiel de sa légende entre Parme et la Juventus Turin. Longtemps considéré comme l’un des meilleurs gardiens de l’histoire, le champion du monde 2006 a pourtant fait une infidélité à son pays en rejoignant le Paris Saint-Germain à l’été 2018. Une expérience courte, mais suffisamment marquante pour nourrir une réflexion plus large sur les différences de mentalité entre la France et l’Italie.
Libre après la saison 2017-2018, l’ancien capitaine de la Squadra Azzurra débarquait dans la capitale avec un objectif clair : enfin décrocher la Ligue des Champions. Si le trophée lui a une nouvelle fois échappé, « Gigi » a tout de même remporté la Ligue 1 et le Trophée des Champions, avant de plier bagage un an plus tard. Sur le plan humain, son intégration s’était pourtant faite sans difficulté, comme il l’expliquait à l’époque dans les colonnes de France Football :
« Si je suis aussi heureux et enthousiaste qu’actuellement, je le dois à mes nouveaux coéquipiers et à l’atmosphère dans le vestiaire. Il y a beaucoup de bonne humeur. »
Cette atmosphère détendue, presque légère, tranchait nettement avec ce que le portier italien avait toujours connu de l’autre côté des Alpes. Une différence culturelle qu’il n’avait pas manqué de souligner, toujours dans le même entretien :
« Par rapport à l’Italie, il y a moins de stress ici. C’est quelque chose de nouveau pour moi. En Italie, dans certains cas, on exagère à propos de certaines choses parce qu’on est vraiment passionnés de football. Même quand on joue contre des équipes plus faibles, les préparations de match peuvent parfois être éprouvantes. C’est un peu stressant. Ici, l’approche vis-à-vis d’un match ou d’un entraînement n’est pas la même. C’est plus calme, plus relaxant, plus joyeux. »
Une sérénité appréciable au quotidien, mais qui a fini par interroger le multiple champion d’Italie sur la capacité du PSG à franchir un cap européen. Invité à s’exprimer en février 2024 lors d’un entretien accordé à BSMT, l’ancien Turinois est revenu sur cette prise de conscience progressive :
« À la Juventus, je pensais qu’on était les meilleurs du monde. Et puis j’ai vu les joueurs parisiens : Neymar, Mbappé, Verratti, Marquinhos ou Thiago Silva. Si on les avait transférés à Turin, on aurait remporté quatre Ligue des Champions de rang. Du coup, je me suis demandé, « Comment ça se fait qu’ils ne la remportent pas ici ? » C’était incompréhensible avant que je vive là-bas toute l’année. Là, j’ai compris. »
Habitué à évoluer sous pression constante en Serie A, Gianluigi Buffon a donc découvert en France un cadre plus apaisé, presque confortable. Une qualité indéniable sur le plan humain, mais qui, selon lui, peut aussi expliquer certaines limites au très haut niveau. Ayant après de ses erreurs, le PSG l’a toutefois fait mentir en gagnant le Graal au printemps 2025, 7 ans après son passage !
