Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Habituée à une discrétion presque farouche sur sa vie privée, Charlotte Gainsbourg laisse parfois filtrer des confidences très personnelles. Car si son couple avec Yvan Attal traverse les décennies sans éclats publics, un fantasme, pour reprendre son terme, continue de la titiller… L’actrice l’a reconnu sans détour, évoquant ce rêve qui se heurte à un refus clair de son homme pour l’instant.
Figure singulière du cinéma, Charlotte Gainsbourg partage la vie d’Yvan Attal depuis 1991, formant l’un des couples les plus solides et discrets du paysage culturel français. Ensemble, ils ont construit une famille avec leurs trois enfants, Ben, Alice et Jo, tout en préservant une indépendance artistique rare. Mais derrière cette stabilité apparente, l’interprète de « L’Effrontée » nourrit depuis longtemps un désir profond, étroitement lié à son histoire familiale.
Depuis la disparition de Jane Birkin en juillet 2023, plus de deux ans se sont écoulés, et le manque reste vif pour la fille de Serge Gainsbourg. Déjà marquée par la perte de son père, puis par celle de sa sœur Kate Barry, Charlotte Gainsbourg traverse une période de réflexion intime. Un cheminement personnel dans lequel son compagnon joue un rôle de soutien essentiel, même lorsque leurs envies divergent.
C’est dans ce contexte qu’elle s’est livrée, sans détour, sur ce rêve qui l’habite depuis longtemps. Interrogée par Madame Figaro, l’actrice doublement césarisée a confié :
“J’ai le fantasme d’aller vivre à Londres, mais Yvan rejette l’idée catégoriquement. C’est peut-être un garde-fou, je ne sais pas si j’aimerais… Mais cette idée m’attire.
Moi, j’ai eu un rapport très heureux, petite, à l’Angleterre où on allait voir les parents de ma mère. Là-bas, pareil, j’aimais jouer la Française, alors qu’ici, j’aime me sentir un peu étrangère. Avoir un côté anglais. Même si ma sœur Kate possédait une identité anglaise beaucoup plus claire – ses deux parents l’étaient. Ma sœur Lou aussi, car ma mère lui parlait en anglais, alors que quand je suis née, elle s’obligeait à parler français”
Face à ce fantasme, Yvan Attal reste inflexible. Pur produit de la région parisienne, arrivé très jeune à Créteil, le réalisateur et acteur n’a jamais caché son attachement à la France. Déjà, lorsque Charlotte Gainsbourg avait choisi de s’installer à New York entre 2013 et 2020, il n’avait pas fait le voyage avec elle. Un exil nécessaire pour se reconstruire après un drame familial. À l’époque, elle avait expliqué cette décision douloureuse lors d’un entretien accordé au Parisien :
“La perte de ma sœur m’a à nouveau détruite. (…) Grâce à une espèce d’exil, je me suis reconstruite avec mes enfants, ailleurs, et puis je suis revenue. Je réalise que c’est plus facile de vivre ailleurs qu’à Paris à cause des souvenirs de ce que Paris a pu être et n’est plus pour moi.”
Élevée entre la France et la Suisse, nourrie d’une culture franco-britannique par sa mère Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg semble aujourd’hui aspirer à un retour aux sources symbolique. Mais après 35 ans de vie commune, le compromis n’est pas toujours possible, même dans les couples les plus soudés. Pour l’heure, Londres reste donc un fantasme assumé, mais non réalisé, que l’actrice continue d’évoquer comme une idée réconfortante, sans certitude qu’elle devienne un jour réalité.
