Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La confrontation entre Houston et San Antonio a offert un duel attendu entre générations. D’un côté, Kevin Durant, vétéran aguerri et référence défensive sous-estimée. De l’autre, Victor Wembanyama, phénomène déjà incontournable malgré son jeune âge. Et c’est bien le vétéran qui a pris le meilleur.
Menés de 16 points, les Rockets ont complètement changé de visage après la pause pour s’imposer 111-106. Si l’effondrement offensif des Spurs a surpris, il s’explique en grande partie par la manière dont Wembanyama a été contenu au retour des vestiaires. Le Français a terminé avec 14 points et 10 rebonds, mais surtout avec une adresse très compliquée, incapable de trouver le rythme en seconde période.
Tout avait pourtant bien commencé pour San Antonio, avec un Wembanyama agressif et impliqué des deux côtés du terrain. Mais au fil des minutes, Houston a resserré l’étau, multipliant les prises à deux et forçant le jeune intérieur à s’éloigner de la raquette. Le plan défensif s’est révélé payant, au point de le limiter à seulement deux points après la mi-temps.
Un plan défensif assumé et ciblé
Après la rencontre, Kevin Durant n’a pas esquivé la question de la stratégie mise en place face au prodige français. « Il travaille encore son tir. On voit qu’il essaie de trouver des repères sur son shoot. On l’a forcé à prendre des tirs compliqués en fadeaway toute la soirée. Il en a mis quelques-uns au début, mais dans l’ensemble, on l’a obligé à tirer au-dessus de nous », a expliqué la star des Rockets, lucide sur le choix tactique.
Durant a également insisté sur les zones où Wembanyama est le plus dangereux. « Il est le plus dangereux quand il est près du cercle, sur des lay-ups, des dunks, ou quand il joue autour de la raquette. C’est davantage son jeu que de flotter à l’extérieur pour enchaîner les tirs ». En coupant ces options prioritaires, Houston a réussi à le sortir de son confort.
Malgré cette réussite, le vétéran n’a pas minimisé le danger que représente Wembanyama. « Sa longueur dans la raquette est un vrai problème. Quand il prend feu, c’est très dur de l’arrêter ». Houston a également profité de quelques fautes rapides pour le sortir de son rythme, un détail qui a pesé lourd dans le scénario final.
Durant a conclu en prenant du recul sur ce type de duel générationnel. « Les anciens prenaient fierté à me défendre quand j’étais jeune. C’est pareil aujourd’hui. Mais je ne veux pas que ça devienne une histoire personnelle à chaque fois. Le scénario est sympa, mais l’objectif reste de gagner le match ». Une déclaration qui résume parfaitement la soirée : au-delà du symbole, c’est bien l’exécution collective des Rockets qui a fait la différence.
