À 70 ans, Muriel Robin déballe tout sur sa jeunesse : « Quand j’avais 12 ans, mon père a…

Muriel Robin
Clique (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Nom incontournable de l’humour et du cinéma français, Muriel Robin n’a jamais esquivé les sujets sensibles. Ces dernières années, l’actrice a multiplié les confidences intimes, revenant sans détour sur les blessures qui ont façonné sa vie. À l’aube de ses 70 ans, elle continue de lever le voile sur une jeunesse marquée par des traumatismes profonds. Des révélations qui éclairent autrement son parcours et ses combats intérieurs.

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Figure très connue du spectacle français, Muriel Robin a bâti une carrière exceptionnelle tout en menant, en parallèle, une lutte silencieuse contre ses propres démons. Longtemps adulée pour son humour et son sens de l’observation, l’artiste a aussi traversé des périodes sombres, nourries par un profond sentiment de manque affectif. Une fragilité qui trouve ses racines dans l’enfance et dans un rapport compliqué à sa famille, qu’elle n’a jamais idéalisé.

Souvent décrite comme une femme entière, l’ancienne partenaire de scène de Pierre Palmade n’a jamais caché combien le regard de ses parents avait pesé sur sa construction personnelle. À cela se sont ajoutées, au fil des années, les difficultés rencontrées dans le milieu professionnel en raison de son orientation sexuelle. Autant de fêlures qui ont contribué à l’installer durablement dans un mal-être qu’elle a longtemps tenté d’anesthésier.

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Comme beaucoup dans ce type de spirale, Muriel Robin est tombée dans l’addiction. D’abord insidieuse, la consommation d’alcool est devenue un refuge, presque un automatisme. Ce rapport toxique à la boisson ne doit rien au hasard et remonte, selon elle, à un épisode précis de son enfance, resté gravé dans sa mémoire. Lors d’un entretien accordé à Isabelle Ithurburu, la comédienne est revenue sur ce moment fondateur :

« Je suis apaisée, je suis bien dans ma tête et dans mon corps ».

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Dans cette même interview, Muriel Robin a expliqué comment son rapport à l’alcool s’était installé très tôt, à la suite d’une expérience aussi brutale que déroutante. Elle racontait alors, sans filtre :

« Mon père avait eu la mauvaise idée de me faire boire une bouteille de Sancerre à 12 ans. C’était rentré dans mon disque dur. »

Une phrase lourde de sens, qui résume à elle seule le conditionnement précoce évoqué par l’actrice. Pendant des années, celle qui a fait rire des millions de Français a ainsi dissimulé sa souffrance derrière une consommation excessive, banalisée par son entourage et par le milieu mondain dans lequel elle évoluait. Avec le recul, Muriel Robin a pris conscience du caractère problématique de ses habitudes :

« J’étais une alcoolique mondaine. Mais j’ai compris qu’il était anormal de boire une bouteille de champagne presque tous les soirs. »

Ce déclic n’est toutefois pas arrivé seul. S’il est le fruit d’un travail personnel de longue haleine, il doit aussi beaucoup à la rencontre déterminante avec Anne Le Nen. Compagne de vie depuis plus de quinze ans, cette dernière a joué un rôle central dans la reconstruction de l’humoriste. Muriel Robin a d’ailleurs révélé les mots qui ont tout changé, lors d’une autre prise de parole :

« Quand j’ai rencontré Anne, et même si j’avais commencé un travail sur moi, elle m’a dit : ‘Si tu veux te détruire, vas-y, mais moi je ne peux pas regarder quelqu’un que j’aime s’anéantir’. »

Aujourd’hui, Muriel Robin semble avoir trouvé l’équilibre qui lui échappait depuis si longtemps. En mettant des mots sur ses blessures et en regardant son passé en face, elle transforme ses cicatrices en force. Une manière, peut-être, de reprendre le contrôle sur une histoire personnelle longtemps subie, et d’avancer enfin apaisée, loin des excès qui ont failli l’engloutir.

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