Gad Elmaleh (54 ans) cash sur la France, le Maroc et les Etats-Unis : « Quand je pense que…

Gad Elmaleh parle du Maroc et de la France
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Affirmé comme l’un des humoristes préférés des Français, Gad Elmaleh a traversé une période de fortes turbulences avant d’opérer un retour plus apaisé. Désormais sur scène avec un spectacle très personnel, l’artiste se montre plus introspectif que jamais. Entre désillusions, regrets et prises de conscience, il regarde son parcours avec lucidité. Et assume enfin ce qui l’a longtemps animé.

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Figure majeure de l’humour francophone depuis les années 2000, Gad Elmaleh a connu des sommets avant une chute brutale à la fin des années 2010. L’affaire des accusations de plagiat, révélée en 2019, a profondément ébranlé celui qui remplissait alors les plus grandes salles. Plusieurs années plus tard, l’ancien compagnon de Marie Drucker revient sur cette période sombre avec un regard nettement plus distancié, marqué par une forme de sérénité retrouvée.

Aujourd’hui âgé de 54 ans, le natif de Casablanca semble avoir tiré les leçons de cette traversée du désert. Installé entre la France et le Maroc, celui qui avait longtemps nourri le rêve américain admet s’être parfois égaré dans une quête de reconnaissance tous azimuts. Un cheminement personnel qu’il a accepté de détailler sans détour dans un entretien fleuve. Dans les colonnes de Télérama, l’humoriste était revenu sur sa situation avec une grande franchise :

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« Quand je pense que je suis allé aux États-Unis pour me dépasser, être aimé, alors que j’ai tout ici. Ça participait d’un rêve, d’un fantasme, d’un besoin de sortir de ma zone de confort, de me prouver très vite que c’était possible. Et que la France et le Maroc me voient. »

Avec le recul, Gad Elmaleh reconnaît avoir confondu visibilité internationale et accomplissement personnel. Malgré des rencontres prestigieuses et des passages remarqués outre-Atlantique, le sentiment de vide a fini par s’imposer :

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« Certes, je côtoyais d’immenses humoristes comme Jerry Seinfeld ou Chris Rock. Mais je me suis vite aperçu que ce n’est pas ça qui compte. Faire le talk-show de Jimmy Fallon, penser être au firmament de sa vie pendant ces douze minutes, sans pouvoir le partager avec les siens qui, du fait du décalage horaire, dorment de l’autre côté de l’Atlantique, est d’une tristesse à pleurer. »

Durant cette période de fragilité, l’artiste a également dû faire face à une dépendance à l’alcool, qu’il évoque aujourd’hui avec une grande honnêteté. Dans le même entretien, celui qui fut l’une des têtes d’affiche de la scène parisienne confie :

« Je retournais au Comedy Club tester des blagues – d’autant plus qu’à l’époque, je buvais. Et c’était pire encore. »

Quand j’ai arrêté l’alcool j’ai suivi un programme qui s’appelait « Juste pour aujourd’hui », d’après un livre des Alcooliques Anonymes qui disait : « Si on vous demande si vous avez arrêté l’alcool, répondez : ‘juste pour aujourd’hui’, et au final, ça fera toute une vie ». Sincèrement, je ne sais pas si je ferai un autre spectacle. Ou alors, je jouerai celui-là jusqu’à la fin de ma vie, en le changeant tous les jours. »

Plus posé, moins avide de reconnaissance internationale et recentré sur l’essentiel, Gad Elmaleh semble désormais en paix avec ses choix passés. Entre la France qui l’a révélé, le Maroc qui l’a vu naître et l’Amérique qui l’a fait rêver, l’humoriste a trouvé un équilibre plus intime, loin des mirages et plus proche de lui-même.

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