Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La gestion de Jonathan Kuminga par Steve Kerr continue de faire débat à Golden State. Alors que la saison des Warriors a basculé avec la blessure grave de Jimmy Butler, beaucoup s’attendaient à voir le jeune ailier enfin bénéficier d’un rôle majeur. Pourtant, les choix du staff n’ont pas évolué, au point de susciter des critiques de plus en plus virulentes dans le microcosme NBA.
L’absence longue durée de Butler semblait ouvrir une opportunité naturelle pour Kuminga. À 23 ans, capable d’apporter des points, de l’impact physique et de l’énergie, il cochait toutes les cases pour compenser une partie du vide laissé par l’ancienne star du Heat. Mais malgré ce contexte évident, Steve Kerr a continué de limiter son temps de jeu, une décision incomprise par une partie des observateurs.
Cette situation a fini par faire réagir DeMarcus Cousins. L’ancien pivot, jamais avare d’opinions tranchées, estime que le problème dépasse désormais le simple cadre tactique. À ses yeux, Kerr entretient une relation problématique avec plusieurs jeunes talents, et le cas Kuminga en serait l’illustration la plus flagrante.
Une gestion qui interroge de plus en plus
Le match face à Toronto a cristallisé les tensions. Menée largement à la pause, l’équipe a vu Kuminga n’entrer en jeu que quelques minutes en première période. Ce n’est qu’une fois l’écart devenu abyssal que Kerr lui a accordé davantage de liberté. Résultat : 20 points inscrits en seulement 16 minutes, avec une efficacité remarquable. Une nouvelle démonstration qui a renforcé le sentiment d’injustice autour de son utilisation.
Pour DeMarcus Cousins, cette séquence n’est pas un cas isolé. « Tout dans cette situation est mauvais et non professionnel. Je félicite Kuminga pour la manière dont il gère ça. Avec Steve, ça devient de plus en plus étrange chaque jour, on dirait presque que c’est personnel maintenant », a-t-il lâché, visiblement agacé par la répétition de ce qu’il perçoit comme des signaux négatifs envoyés au jeune joueur.
L’ancien All-Star va plus loin en établissant un parallèle avec d’autres situations passées. Il évoque notamment la gestion de jeunes stars lors de compétitions internationales ou certains choix de draft qui auraient mis de côté des profils explosifs comme Anthony Edwards ou LaMelo Ball. Pour Cousins, Kerr éprouverait des difficultés récurrentes à faire confiance à la jeunesse, préférant systématiquement s’appuyer sur des cadres, même lorsque le contexte appelle au changement.
Au-delà du cas individuel de Kuminga, c’est l’équilibre global de l’équipe qui est en jeu. En limitant l’apport d’un jeune ailier aussi dynamique, Kerr impose une charge supplémentaire aux vétérans, notamment Stephen Curry et Draymond Green, déjà très sollicités pour maintenir l’équipe dans la course aux playoffs. À terme, cette stratégie pourrait coûter cher, sportivement comme symboliquement.
