Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Vanessa Paradis n’a jamais caché son rapport singulier à la féminité. Icône malgré elle dès l’adolescence, la chanteuse et comédienne a grandi sous le regard du public, avec un corps souvent commenté. À 53 ans, elle est revenue sans détour sur un fantasme intime longtemps resté inassouvi. Une confidence cash et honnête.
Figure majeure de la pop française depuis la fin des années 1980, Vanessa Paradis s’est imposée très jeune comme un visage familier des Français. Révélée à seulement 14 ans, l’artiste a traversé les décennies en conservant une image singulière, faite de liberté assumée. Mais derrière cette silhouette longiligne, souvent érigée en signature, se cache un rapport au corps plus complexe qu’il n’y paraît, forgé dès l’adolescence et nourri de comparaisons, de désirs et de projections.
Invitée en 2023 au micro de France Inter, l’interprète de « Divine idylle » était ainsi revenue sur cette période charnière où son identité de femme se construisait encore. Face au regard des autres et à ses propres attentes, la jeune Vanessa Paradis cherchait à combler ce qu’elle percevait alors comme un manque, dans un besoin presque urgent de se sentir déjà adulte – avec un rêve bien précis :
« À 14 ans, moi j’avais terriblement envie d’être une femme. Je me surmaquillais, je m’habillais très moulant. Je rêvais d’avoir une forte poitrine alors je me mettais des balconnets… Pour me sentir femme avant l’heure »
Ce fantasme intime ne sortait pas de nulle part. Comme beaucoup d’adolescentes, la chanteuse se construisait à travers des figures idéalisées, loin de son propre reflet. Et parmi ces modèles, une star hollywoodienne occupait une place à part. L’actrice américaine incarnait à ses yeux une féminité flamboyante, assumée, presque irréelle, à l’opposé de son allure de l’époque. Vanessa Paradis évoquait alors l’influence déterminante de cette icône sur sa vision de la femme. France Inter :
« Elle me fait beaucoup de choses Marylin ! Je l’ai découverte d’abord en photo, très petite. Il y avait, dans la bibliothèque de mes parents, ce livre que je n’ai pas lu et dont j’ai seulement regardé les photos mais ça m’a bouleversée. Tant de grâce et de féminité, j’ai été captivée. Elle m’a beaucoup appris, dans la manière de se mouvoir, de se présenter sur scène, de danser, d’assumer sa féminité »
Avec le recul, celle qui a aussi brillé au cinéma aux côtés de Jean-Marc Barr ou Samuel Benchetrit a appris à composer avec son image sans jamais la transformer artificiellement. Contrairement à d’autres stars confrontées aux mêmes complexes, Vanessa Paradis n’a jamais eu recours à la chirurgie esthétique pour assouvir ce fantasme de jeunesse. Restée nature peinture, l’ancienne égerie de Chanel a finalement fait de sa singularité une force, transformant ce manque d’hier en signature intemporelle !
