Arrivé à 5 ans en provenance d’Espagne, Gérard Hernandez cash sur la France : « Ce pays…

Gérard Hernandez parle de la France
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À bientôt 92 ans, Gérard Hernandez continue de regarder son parcours avec lucidité et émotion. Derrière la figure populaire du comédien se cache une histoire d’exil, marquée par la guerre et l’arrachement. Arrivé enfant en France, il n’a jamais oublié ses premières années sur le sol hexagonal. Un passé qui éclaire aujourd’hui son rapport très particulier à ce pays.

Publicité

Figure bien connue du cinéma et de la télévision française, Gérard Hernandez est né à Valladolid en 1933, dans une Espagne alors en proie à la guerre civile. Très jeune, sa vie bascule lorsque sa famille prend la décision de fuir le pays. À seulement 5 ans, il traverse la frontière pour s’installer en France, un pays qui deviendra progressivement le sien, jusqu’à sa naturalisation officielle en 1975.

Ce départ précipité reste gravé dans sa mémoire. Invité tout récemment au micro de M6, l’acteur est revenu sur cet épisode fondateur de son existence, évoquant avec précision le moment où tout a basculé :

Publicité

« Je me souviens très bien de la première bombe. Mon père a dit : “On s’en va”. On a choisi la France, d’abord parce que qui était le plus grand ami de l’Espagne ? C’était la France. On était des cousins germains, presque”. »

L’arrivée dans l’Hexagone ne s’est toutefois pas faite sans heurts. Très vite confronté au regard des autres, le jeune Gérard Hernandez doit composer avec sa différence, son accent et la barrière de la langue. Des souvenirs douloureux, qu’il n’a jamais cherchés à minimiser, bien au contraire :

Publicité

« J’en ai bavé quand même pas mal. J’étais différent. Je ne parlais pas bien le français, j’avais un accent épouvantable. Et bon, les moqueries, même à 5 ans, c’est dur. Puis 6 ans, 7 ans… Et à 7 ans, j’ai dit : “Nom de Dieu, je vais parler français aussi bien qu’eux !” »

Cette détermination farouche marque un tournant. L’enfant blessé par les railleries devient un élève appliqué, décidé à s’intégrer coûte que coûte. Une volonté de fer qui l’accompagnera toute sa vie, jusqu’à devenir l’un des acteurs les plus identifiables du paysage audiovisuel français, apprécié pour sa gouaille et sa sincérité.

Avec le recul, Gérard Hernandez incarne à lui seul le parcours de nombreux exilés devenus pleinement français par le cœur autant que par les papiers. Une trajectoire faite de douleurs, de combats intimes et de réussites, qui explique sans doute la franchise avec laquelle il parle aujourd’hui de la France. Un pays qu’il a choisi très jeune, et qui l’a, à sa manière, adopté en retour.

Pop culture