Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
La saison des Bucks prend une tournure de plus en plus inquiétante. Les résultats s’accumulent négativement, l’ambiance se détériore et même le visage de Giannis Antetokounmpo ne trompe plus personne. À mesure que les défaites s’enchaînent, un malaise profond semble s’installer autour de la franchise.
Depuis plusieurs semaines, Milwaukee glisse dangereusement au classement et s’éloigne des standards auxquels l’organisation avait habitué ses supporters. Avec un bilan de 18 victoires pour 26 défaites, les Bucks peinent à rester dans la course au play-in, accusant déjà un retard conséquent sur Atlanta. Cette chute est d’autant plus marquante que Giannis, individuellement, continue de produire à un niveau élite.
Le Grec affiche encore des statistiques impressionnantes avec 28 points et 16 rebonds de moyenne, mais ses efforts ne suffisent plus à masquer les lacunes collectives. L’équipe n’a remporté que 15 matchs en 30 rencontres disputées avec lui, et son absence a été synonyme de naufrage, avec 11 défaites en 14 matchs. Une situation qui finit par user même les compétiteurs les plus acharnés.
Un projet qui s’est peu à peu délité à Milwaukee
C’est précisément cet état d’esprit qu’a pointé Gilbert Arenas, en s’arrêtant sur un détail révélateur dans les récentes déclarations d’Antetokounmpo. « Quand tu entends un joueur dire qu’il reste 39 matchs, puis 37… à partir du moment où tu comptes les rencontres restantes, tu sais que la saison est terminée », a expliqué l’ancien scoreur NBA, soulignant à quel point ce langage traduit une résignation profonde.
Selon Arenas, cette manière de parler n’a rien d’anodin et reflète l’état mental d’une équipe déjà consciente de son échec. Peu importe que les défaites soient lourdes ou serrées, le résultat émotionnel est identique pour un groupe installé dans une dynamique perdante. À ses yeux, Giannis incarne parfaitement ce sentiment d’usure qui s’installe lorsque l’espoir disparaît.
Les choix effectués par le front office depuis le titre de 2021 reviennent aujourd’hui comme un boomerang. Les départs successifs de Jrue Holiday puis de Khris Middleton ont progressivement affaibli l’identité défensive et collective de l’équipe. L’arrivée de Damian Lillard, malgré son talent offensif, a aussi posé des problèmes d’équilibre, notamment de l’autre côté du terrain. Son départ n’a rien arrangé.
Résultat, Milwaukee ne ressemble plus à une organisation capable de rivaliser avec les meilleures franchises de l’Est. Même avec quelques jeunes joueurs prometteurs, le fossé semble se creuser avec les véritables prétendants. Comme le souligne Arenas, dans ce type de contexte, la première personne à prendre conscience de la dérive est toujours la pierre angulaire du projet. Et aujourd’hui, Giannis Antetokounmpo donne clairement l’impression d’avoir compris que la saison des Bucks est déjà en train de s’éteindre.
