Le gros coup de gueule de José Garcia (59 ans) à propos de la France : « C’est scandaleux, on nous…

José Garcia
Canal+ (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Connu pour ses rôles (notamment comiques) et son énergie communicative, José Garcia ne se limite pas aux registres légers. À 59 ans, l’acteur observe avec attention les mutations de la société française. Et certaines d’entre elles l’inquiètent profondément. Alors ces derniers temps, il a décidé de le faire savoir publiquement, sans détour.

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Figure très populaire du cinéma français, José Garcia s’est imposé au fil des décennies comme un acteur à part, capable de passer du burlesque au drame. Révélé notamment par La Vérité si je mens, Rire et châtiment ou Le Boulet, il reste intimement lié à l’humour, sur scène comme à l’écran. Justement, c’est l’évolution de cette discipline en France qui l’a récemment poussé à sortir de sa réserve.

Depuis plusieurs années, de nombreux artistes dénoncent une crispation croissante autour du rire et de la liberté de ton. Un climat que l’ancien trublion de Nulle Part Ailleurs perçoit comme un signal alarmant. Pour lui, la place accordée à l’humour est révélatrice de l’état de santé d’une société, et ce qu’il constate aujourd’hui lui inspire une réelle inquiétude.

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Invité sur Europe 1 à la fin de l’année 2022, José Garcia a livré une analyse sans concession sur ce qu’il considère comme une forme de censure rampante :

« Quand une société va bien, il y a beaucoup d’humour. Ce que je trouve très scandaleux maintenant, c’est que tout a été fait pour l’enlever. Le principe de choquer. Vous ne pouvez pas remettre en cause leur manière de pensée. C’est ça qui m’inquiète. Et l’humour, c’est ça. On était capable de sortir des ignominies à des gens qui devaient les consommer. Et en riant, on riait aussi et d’abord de nous-mêmes.

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Or, de nos jours, on nous empêche de rire ensemble. Et ça c’est très douteux. On ne manque pas d’humour, mais il est écrasé, interdit. Quand on veut rentrer dans une dictature, la première chose qu’on enlève c’est l’humour. Et il y a une sorte de dictature. Elle a 10.000 façons d’être. Quelqu’un qui commence à rire d’une situation grotesque remet en cause le pouvoir de la personne. »

Relancé sur l’idée que certaines blagues peuvent aujourd’hui heurter ou blesser, le comédien a tenu à nuancer son propos, distinguant lourdeur passée et malaise actuel :

« Pendant longtemps, beaucoup de gens ont dû subir un humour usant. Ça, c’est la lourdeur. Et que ça disparaisse, c’est une très bonne chose. Maintenant, rire ensemble sans avoir peur de l’autre, rire avec des gays, avec des femmes, c’est ça qui s’est cassé. Il y a une défiance, il y a une espèce d’angoisse, de ne pas dire un truc qui peut choquer. C’est là que rentre cet espèce de diktat, qui fait que c’est pire, car les gens rient sous couvert. Et ça devient très nocif.

Si je fais gaffe ? Avant, je racontais plein de blagues, mais j’étais dans une ambiance avec tout le monde, et on riait tous, parce que les gens savaient qu’on n’avait pas d’arrières-pensées. De nos jours, ça peut être très mal pris. »

À travers ce coup de gueule, José Garcia ne dénonce pas seulement un malaise artistique, mais un changement plus profond du lien social. Selon lui, la peur de choquer a remplacé la capacité à rire ensemble, et ce glissement n’est jamais anodin. Un avertissement lancé par un acteur pour qui l’humour reste, avant tout, une liberté fondamentale.

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