Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Animateur incontournable du paysage audiovisuel français depuis plus de trente ans, Nagui ne se contente plus d’enchaîner les succès d’audience. Très engagé sur les questions écologiques, il a progressivement transformé ses émissions en terrain d’expérimentation concrète de ses convictions personnelles. Et cela passe notamment par une décision radicale : l’éviction pure et simple de certains aliments sur ses plateaux.
Toujours à la tête de N’oubliez pas les paroles, qui continue de dominer l’access sur France 2, Nagui a su imposer un style mêlant divertissement populaire et prises de position assumées. Une posture qui ne doit rien au hasard, mais à une réflexion menée sur le long terme. Dans un entretien accordé au magazine Femina en 2022, l’animateur revenait par exemple en détail sur son cheminement écologique, loin d’un engagement soudain ou opportuniste.
« Ma conscience écologique n’a ni été une révélation ni un combat de toujours, mais une évolution plus qu’une révolution », expliquait-il d’abord, avant de rappeler l’importance de sa vie familiale dans ce virage : « Déjà, en devenant père de famille, en recyclant les vêtements d’un enfant à l’autre… » Mais le véritable déclic serait venu plus tard, à la lecture d’ouvrages et au visionnage de documentaires marquants.
« Le vrai déclic a été la découverte des livres de Pierre Rabhi, de documentaires comme Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion. Et puis une amie nous a montré des images de souffrance animale dans les abattoirs. Mon épouse et moi sommes alors devenus végétariens, en laissant nos enfants libres de manger ce qu’ils veulent chez des amis ou à la cantine. »
Depuis, cette cohérence se retrouve aussi bien dans sa vie privée que dans son univers professionnel. Il bannit en effet certaines choses de ses émissions, dont le sucre.
« Chez nous, il n’y a ni viande ni poisson. Sur les plateaux télé comme à la maison, il n’y a plus de bouteilles en plastique. Pour éviter les emballages, on est passé au vrac sur les tournages. Une personne sert des amandes, des fruits secs, mais plus du tout de bonbons, comme avant. Le sucre est une drogue, je ne veux plus le cautionner. »
Une politique qui s’étend également à d’autres choix liés à la restauration proposée aux équipes et aux invités. Nagui tient à souligner que ces choix s’accompagnent d’une organisation solidaire et responsable :
« Pendant les émissions, on sert à nos techniciens et à nos invités des plats bio. Chacun choisit la quantité qu’il souhaite, ça évite le gaspillage. Quand les repas sont finis, ce qui n’a pas été consommé – mais qui est propre à la consommation, bien sûr – est donné aux Restos du Cœur. »
Au-delà de l’alimentation, l’animateur estime que l’écologie se joue dans une multitude de petits gestes du quotidien. Et s’il est parfois incohérent, il n’hésite pas à évoquer des habitudes qui font parfois sourire… ou grincer des dents.
« Il y a cent cinquante gestes possibles. L’autre jour, j’ai déclaré faire pipi sous la douche et les gens ont réagi. Mais je trouve hallucinant de jeter six litres d’eau potable parce que je suis allé faire mon petit “pissou” du matin ! Et quand je me lave, je sélectionne une chanson courte sur mon téléphone et je dois avoir terminé à la fin du titre. »
Sans prétendre être irréprochable, Nagui assume aujourd’hui une ligne claire : montrer l’exemple, quitte à bousculer certaines habitudes bien ancrées. Sur ses plateaux, le message est désormais limpide : moins de plastique, zéro bonbons, et une cohérence écologique revendiquée jusqu’au bout.
