Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Gérard Lanvin n’a jamais été du genre à tourner autour du pot. À 75 ans, l’acteur au franc-parler légendaire assume pleinement ses opinions, y compris lorsqu’elles concernent des sujets aussi sensibles que la fin de vie. Pour lui, l’euthanasie n’est pas un débat théorique : c’est une réalité qu’il a vécue de très près, avec son père, et sur laquelle son avis est clair et net.
Quand Gérard Lanvin a un avis, il ne l’édulcore que rarement. Invité de 20h30 le Dimanche en avril 2025, il s’était confié sur l’épineux sujet de la fin de vie, que le gouvernement souhaite de nouveau mettre sur la table. Il faut dire que le septuagénaire a été touché de très près, vivant la fin de chemin bouleversante de son propre père :
« Mon père a tout fait pour que je sois heureux, c’était un exemple. À la fin de sa vie, il a trouvé un médecin parce qu’il avait peur. Il avait un cancer des poumons et il avait peur de mourir étouffé ou qu’une artère pète. J’ai été dans l’obligation un jour de venir à l’hôpital, et je ne savais pas que ce serait le jour où il déciderait de me dire : « C’est le moment ». Et il me l’a dit dans les yeux. J’ai appelé ce médecin, avec lequel on avait discuté de ce moment. Il est venu et nous a aidés à faire que mon père soit parti dans les circonstances qu’il désirait. »
Cette expérience a profondément marqué Gérard Lanvin et explique son absence totale de patience envers ceux qui banalisent ou intellectualisent ces questions. Selon lui, réduire l’euthanasie à un simple débat philosophique est une insulte à la souffrance vécue par les familles et les malades – et il n’a aucun respect pour les personnes qui pensent cela :
« Mon père est mort avant ma maman. Ça a été très douloureux parce que j’ai vécu une expérience très particulière. On parle d’euthanasie. Je suis comme le fils Bedos, j’ai tenu ma parole envers mon père. […] C’est très violent, très dur. Ça m’a foutu une maladie terrible parce que j’ai dû tenir ma parole. Je le dis sans honte. Ce débat sur l’euthanasie, j’emmerde tous les gens qui pensent que c’est un débat sans fond. »
Pour Gérard Lanvin, ces positions tranchées ne sont pas que des mots : elles traduisent un vécu intime, un engagement moral et une colère légitime face à ceux qui parlent à distance sans jamais affronter la réalité de la douleur. Derrière l’acteur indomptable, c’est un fils blessé, fidèle à sa parole et profondément humain, qui s’exprime.
Son message est clair : respecter la volonté d’un proche jusqu’au bout, c’est honorer sa vie, et rien ni personne ne devrait réduire cela à un simple sujet de discussion abstraite.
