Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
Les Warriors ont tenté un pari audacieux lors de la dernière fenêtre des transferts en recrutant Kristaps Porzingis. Un choix qui a surpris de nombreux observateurs, tant le pivot letton traîne une réputation de joueur fragile physiquement. Brandon Jennings, ancien meneur NBA reconverti analyste, ne cache pas son scepticisme.
Depuis plusieurs saisons, Golden State cherche désespérément à entourer Stephen Curry de renforts fiables afin de rester compétitif à l’Ouest. Le départ de Jonathan Kuminga et Buddy Hield pour récupérer Porzingis s’inscrit dans cette logique de recherche d’impact immédiat. Pourtant, au lieu d’opter pour un joueur durable capable d’apporter de la stabilité, la franchise a préféré tenter un nouveau coup risqué. Un choix que beaucoup jugent en décalage avec les besoins réels de l’équipe.
La situation actuelle des Warriors rend ce pari encore plus périlleux. Curry, désormais âgé de 37 ans, commence à montrer des signes d’usure, tandis que Draymond Green n’est plus le même joueur qu’au sommet de la dynastie. Dans un contexte où chaque match compte pour sécuriser une place en playoffs, il paraît étonnant d’investir dans un intérieur dont la disponibilité reste incertaine. Golden State semblait avoir besoin d’assurance, pas d’un nouveau point d’interrogation.
Un risque difficile à justifier
Brandon Jennings n’a d’ailleurs pas hésité à exprimer clairement son incompréhension. « Je ne sais pas ce que font les Warriors. Vous lâchez deux joueurs capables de mettre 30 points n’importe quel soir. Kuminga arrive dans une équipe avec Quin Snyder, un très bon coach qui développe les jeunes joueurs. Ils ont un noyau intéressant, Atlanta a clairement gagné cet échange », a-t-il expliqué. L’ancien meneur a ensuite ajouté, très critique : « Les Warriors récupèrent Porzingis, mais il n’a joué 65 matchs peut-être qu’une seule fois ces dix dernières années. À ce stade, je ne comprends vraiment pas ce que Golden State essaie de faire. »
Il est évident que, lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, Porzingis peut transformer une équipe. Sa taille, sa capacité à protéger le cercle et à étirer le jeu en attaque en font un profil unique. Mais ces qualités n’ont de valeur que s’il est présent sur le terrain. Or, son historique médical parle contre lui : blessures récurrentes, absences prolongées et difficultés à enchaîner les rencontres importantes.
Le moment choisi pour ce transfert interroge également. Porzingis n’a plus joué depuis début janvier à cause de soucis physiques, et rien ne garantit qu’il sera rapidement opérationnel. Dans une conférence Ouest extrêmement compétitive, les Warriors avaient besoin d’un renfort capable d’aider immédiatement. Au lieu de cela, ils récupèrent un joueur dont le retour et le niveau réel restent entourés d’incertitudes.
De plus, cette acquisition s’inscrit dans une tendance déjà observée ces dernières années à Golden State : celle de miser sur des profils fragiles ou vieillissants plutôt que sur des valeurs sûres. Après les échecs successifs avec d’autres paris similaires, beaucoup s’interrogent sur la cohérence du projet sportif. Les ambitions de titre semblent s’éloigner un peu plus à chaque décision de ce type.
