Par Mathieu Seguin | Rédacteur sport
L’aventure Jonathan Kuminga avec les Warriors s’est officiellement achevée. Après des mois de rumeurs et de tensions autour de son rôle, le jeune ailier a été envoyé à Atlanta avec Buddy Hield en échange de Kristaps Porzingis. Un départ qui semblait presque inévitable tant son intégration au sein du système de Steve Kerr paraissait compliquée. Un ancien Warrior a livré une analyse particulièrement intéressante.
Dès son arrivée en NBA, Kuminga a été perçu comme un talent brut, doté d’un potentiel immense. Sélectionné en septième position de la draft 2021, il débarquait à Golden State avec l’étiquette d’un futur grand joueur. Mais évoluer aux côtés d’un Stephen Curry au sommet de son art n’est pas une tâche simple. Dans une équipe bâtie autour du collectif et du mouvement permanent, trouver sa place demande des sacrifices que tous les jeunes talents ne sont pas prêts à accepter.
Juan Toscano-Anderson, champion NBA avec les Warriors en 2022, a côtoyé Kuminga lors de ses débuts dans la ligue. L’ancien ailier de Golden State assure que la situation est bien plus complexe que ce que le public imagine. Sur un plan strictement basket, il estime que l’association entre Kuminga et Curry n’était tout simplement pas naturelle. « Jouer avec Steph, c’est comme une pièce à deux faces. Cela peut être l’une des choses les plus faciles à faire, ou l’une des plus difficiles. Jonathan est une superstar à sa manière. Il veut être un joueur au contrat maximum, une option numéro un ou numéro deux, et je respecte cela », a expliqué Toscano-Anderson.
Un style difficilement compatible avec celui des Warriors
Le problème principal résidait dans la philosophie même des Warriors. Kuminga est un joueur explosif, qui aime avoir le ballon en main et créer par lui-même. Or, à Golden State, tout tourne autour du mouvement collectif et du jeu sans ballon. Pour briller aux côtés de Curry, il faut accepter de jouer un rôle précis, parfois en retrait. Une contrainte difficile à intégrer pour un jeune joueur ambitieux qui se voit déjà comme une future star de la ligue.
Toscano-Anderson rappelle d’ailleurs que Kuminga arrivait avec un parcours très particulier. Cinq étoiles au lycée, il avait choisi de passer directement par la G League plutôt que par la NCAA. Dès ses premières minutes en NBA, il a montré des éclairs de génie et une confiance en lui impressionnante. Mais cette même confiance l’a parfois empêché de se fondre totalement dans un collectif aussi structuré que celui des Warriors.
Dans ce contexte, le rôle de Steve Kerr n’a pas été évident. L’entraîneur a souvent été critiqué pour son utilisation du jeune ailier, accusé de ne pas lui donner assez de temps de jeu. Pourtant, pour un coach qui cherche avant tout à gagner des matchs avec un noyau déjà en place, offrir des responsabilités majeures à un joueur encore en développement représentait un pari risqué. Le technicien californien devait composer avec une équipe en quête de titres immédiats, et non en reconstruction.
Le départ vers Atlanta apparaît donc comme une libération pour toutes les parties. Kuminga va désormais évoluer dans un environnement plus adapté à son profil, au sein d’une équipe jeune où il pourra bénéficier d’une plus grande liberté offensive. Quant aux Warriors, ils récupèrent un intérieur capable d’étirer le jeu et de protéger le cercle, exactement ce qu’ils recherchaient.
