Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Depuis le drame routier qui a provoqué sa chute en février 2023, le passé de Pierre Palmade est scruté avec une attention nouvelle. Les témoignages s’accumulent et dessinent le portrait d’années marquées par les excès, loin des projecteurs et des rires de la scène. Parmi eux, celui d’un ancien proche du comédien offre un éclairage particulièrement cru sur un quotidien dominé par la fête et les addictions. Un récit brut et honnête…
Figure centrale de l’humour français pendant plusieurs décennies, Pierre Palmade a longtemps évolué dans un univers nocturne débridé. Derrière le succès public et les collaborations prestigieuses, notamment avec Michèle Laroque, se cachait un rythme de vie extrême. En 2023, alors que l’opinion découvrait l’ampleur de ses dérives, son ancien producteur Claude Fournier prenait la parole pour raconter de l’intérieur ce qu’il avait vu et vécu à ses côtés.
Invité sur le plateau de Touche pas à mon poste, ce compagnon de route de longue date décrivait l’ambiance des nuits parisiennes qu’ils partageaient. Restaurants, fêtes à répétition, substances en libre circulation : selon lui, tout semblait organisé autour d’un même objectif, prolonger l’euphorie le plus longtemps possible. Face à Cyril Hanouna, il revenait d’abord sur cette normalité de l’excès :
« On s’amusait ! Il y avait de la coke. Il y avait de l’alcool. J’ai fait énormément de soirées avec lui. On se retrouvait au restaurant. »
Mais pour Pierre Palmade, la fête ne s’arrêtait pas au lever du jour. Là où beaucoup finissent par s’effondrer, l’humoriste trouvait, selon son ami, l’énergie de repartir de plus belle, sans sommeil, porté par les drogues. Une mécanique infernale, presque ritualisée, que Claude Fournier décrivait avec stupéfaction.
« Après, il y avait l’after, qui démarre à 11h du matin, soit le lendemain de la fête et qui continue jusqu’à l’après-demain. Et ça peut durer deux ou trois jours ! »
Un engrenage dont les conséquences finissent toujours par se faire sentir. Si Claude Fournier affirme avoir quitté ce mode de vie il y a plus de vingt ans, il en subit encore aujourd’hui les séquelles physiques. Avec une lucidité amère, il évoquait à l’antenne les dégâts laissés par ces années d’excès, tout en établissant un contraste brutal avec la trajectoire de Pierre Palmade. Il confiait ainsi :
« Le problème, c’est que moi je me suis arrêté il y a une vingtaine d’années, et lui il a continué. Il se serait arrêté il y a 20 ans, il serait le roi du monde aujourd’hui ! Au bout d’un moment ça craque, ça casse. Aujourd’hui, je regrette, j’ai de gros problèmes de santé à cause de la drogue, et je les vis en ce moment. J’ai été opéré il y a un mois, et je dois me refaire opérer dans un mois… »
Ces confidences dressent le tableau sombre d’une spirale autodestructrice longtemps banalisée dans certains cercles du spectacle. À travers le regard de cet ancien proche, c’est toute une époque et un système de dérives qui refont surface, rappelant que derrière le rire et le succès, les excès finissent toujours par laisser des traces irréversibles.
