À bientôt 76 ans, Gérard Lanvin sans filtre sur la drogue et lui : « J’ai eu de la chance, j’ai…

Gérard Lanvin
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

À l’approche de ses 76 ans, Gérard Lanvin continue de parler de son passé avec une sincérité désarmante. L’acteur, connu pour son tempérament entier, n’a jamais cherché à enjoliver son parcours. Drogue, excès, tentations : rien n’est éludé. Des confidences cash, fidèles à l’image d’un homme qui n’a jamais triché.

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Figure majeure du cinéma français, Gérard Lanvin a traversé plus de cinq décennies de carrière sans jamais renier ce qu’il est. Révélé dans les années 1970, le comédien s’est construit au contact d’une génération d’artistes bouillonnante, marquée par une liberté totale et un goût prononcé pour la transgression. Une époque fondatrice, où le futur interprète de Marche à l’ombre forge autant son jeu que sa vision de la vie, entre camaraderie, création… et dangers bien réels.

Parmi les rencontres déterminantes de cette période figure Coluche. L’humoriste ouvre sa porte au jeune acteur et l’intègre presque à sa famille, dans une maison où les artistes défilent jour et nuit. Une immersion totale dans un univers où l’amitié se mêle à la fête permanente, parfois jusqu’à l’excès. Gérard Lanvin y découvre une intensité rare, mais aussi les premières fractures liées à la drogue dure.

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C’est dans le magazine S, dirigé par Sophie Davant, que l’acteur est revenu sur ces années passées aux côtés de Coluche, évoquant une relation forte, faite de confiance et de complicité :

« Avec lui, j’ai vécu dix ans d’amitié, dont sept chez lui dans cette grande maison qui était ouverte à tous. J’étais un peu son homme à tout faire…. Il m’avait même chargé de lui trouver cinq brèves de comptoir par jour »

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Dans le même entretien, Gérard Lanvin insistait sur ce qui les liait profondément, au-delà de la fête et du tumulte :

« Mais ce qui nous a rapprochés, c’était d’être de la même trempe, de vivre pendant toutes ces années des aventures sans cesse différentes. »

Si cette proximité l’a exposé à un environnement où les excès étaient monnaie courante, le comédien affirme avoir toujours gardé une forme de distance instinctive. Beaucoup de ses proches ont sombré, lui non. Toujours dans les colonnes du magazine S, l’acteur détaillait sans détour son rapport aux substances :

« L’héroïne, ce n’est pas mon truc. La coke, je n’en ai pas besoin, je suis super-actif. Quant aux pétards, il m’est arrivé d’en fumer des énormes, mais je n’ai jamais abusé. »

Une lucidité qu’il attribue à son rapport très particulier à la célébrité et au milieu artistique. Gérard Lanvin explique ne jamais avoir cherché à profiter de son statut, ni à se laisser happer par ses dérives. Il le résumait ainsi, toujours dans le même entretien :

« Je ne suis pas tombé dans ces pièges, peut-être parce que ce métier, je l’ai fait sans pour autant faire partie d’un milieu. Là aussi, j’ai eu de la chance. Je n’avais aucune attirance pour ces aventures possibles qui pouvaient résulter de ma situation privilégiée, je ne voyais aucun intérêt à la célébrité, et surtout pas ces fausses relations qui se créaient. »

Aujourd’hui encore, le père de Manu Lanvin regarde cette période avec un mélange de gratitude et de lucidité. Avoir été au contact des excès sans s’y perdre reste, à ses yeux, une chance rare. Fidèle à son image de franc-tireur, Gérard Lanvin prouve que sa longévité tient autant à ses choix de vie qu’à son talent. Une parole brute, sans détour, à l’image d’un acteur qui n’a jamais suivi que sa propre ligne.

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