Vincent Lagaf (66 ans) cash sur l’évolution de la société : « Moi, je suis de la génération qui…

Vincent Lagaf
France TV (DR)

Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web

Longtemps absent des écrans, Vincent Lagaf a signé en 2024 un retour inattendu mais très commenté. À 66 ans, l’animateur emblématique des années 1990 retrouve le public avec le Bigdil, désormais diffusé sur RMC Story. Un come-back qui s’accompagne de prises de parole franches, à l’image d’un homme au clair avec lui-même et avec son époque. Sans filtre, il livre sa vision du métier… et de la manière de voir et gérer les choses.

Publicité

Figure incontournable du divertissement télévisé, Vincent Lagaf a marqué toute une génération sur TF1 avec le Bigdil, émission devenue culte pour des millions de téléspectateurs. Après plusieurs années de mise en retrait, l’ancien animateur star a accepté de relancer le jeu, cette fois en prime time, sur RMC Story. Une décision mûrement réfléchie, nourrie par le succès des rediffusions et par l’envie de proposer un divertissement fidèle à son ADN d’origine.

À l’occasion de ce retour très attendu, le présentateur a accordé une interview à Télé-Loisirs, revenant sur la genèse du projet et sur le rôle décisif joué par la chaîne dans cette renaissance télévisuelle. Il expliquait ainsi pourquoi le Bigdil avait finalement trouvé refuge sur RMC Story et pas ailleurs :

Publicité

« On entendait parler de ce retour sur C8, sur TF1… Mais le seul qui a diffusé d’anciens numéros du Bigdil pour voir ce que cela allait donner, c’est Stéphane Sallé de Chou. Il a vu que ça avait été un carton d’audience, et on m’a donc appelé pour me demander si j’avais envie de refaire le Bigdil. »

Toujours dans cet entretien, l’ancien animateur de TF1 a tenu à rassurer les fans : pas question de dénaturer le programme. Malgré les années passées, Vincent Lagaf assume le temps qui a filé, tout en revendiquant une fidélité totale au concept original :

Publicité

« On ne va pas changer une virgule par rapport à la première saison du Bigdil sur TF1. Quand les gens verront la première, j’aimerais qu’ils se disent : “On est lundi et on a l’impression que la dernière émission qu’on a vue c’était vendredi”. En dehors du fait que j’ai pris 20 ans dans la gueule, il faut que l’émission reste la même. On va garder les grandes lignes. J’ai envie que la nouvelle génération regarde l’émission avec ses parents. »

Mais au-delà de la télévision, Vincent Lagaf a surtout surpris par sa vision très directe des rapports humains et de l’évolution des mentalités. Interrogé sur les garanties demandées à la chaîne avant de s’engager, l’animateur a livré une déclaration sans détour, révélatrice d’une époque désormais largement révolue :

« Je n’ai pas besoin de garanties. Je fais partie de la génération qui regarde les mecs droit dans les yeux et qui leur dit : “Ne me prends pas pour un con”. Pour que le Bigdil soit un succès, il faut que cela reste un vrai show et non pas une simple émission de télévision. »

Le choix d’une diffusion en prime time, et non en quotidienne comme autrefois, correspond également à son rapport actuel au travail et à l’humour. Une cadence plus humaine, qu’il assume pleinement, toujours auprès de Télé-Loisirs :

« Il n’y a plus la pression d’une quotidienne. Je ne veux plus en faire car de nos jours, il faut en enregistrer cinq ou six par jour. Je ne comprends pas comment on peut être drôle pendant six heures. Moi, je n’en suis pas capable. En prime time, on a plus de temps pour déconner. »

À 66 ans, Vincent Lagaf apparaît plus lucide que jamais sur ses limites, son métier et les transformations de la société. Loin de chercher à courir après l’air du temps, l’animateur revendique une authenticité intacte et un franc-parler assumé. Un retour à l’écran qui ressemble surtout à une mise au point avec lui-même… et avec son public.

Pop culture