Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Figure emblématique du cinéma comique français, Louis de Funès reste une légende dont l’humour continue de traverser les générations. Gérard Darmon, qui a eu la chance de tourner à ses côtés sur le tournage des « Aventures de Rabbi Jacob », garde un souvenir marqué de cette rencontre, mêlant fascination et observation attentive du maître du burlesque.
À l’époque, Gérard Darmon n’était qu’un jeune acteur face à un monument du cinéma. Sur le plateau, il scrutait chacun des gestes et des réactions de De Funès, désireux de comprendre le fonctionnement de celui qu’il admirait tant. Interrogé sur Amuse Bouche, le comédien racontait :
« Je voulais voir comment il fonctionnait, comment il était avant le clap, pendant la prise, après la prise… Je l’ai bouffé des yeux… Je ne l’ai pas quitté ! Où qu’il soit dans la pièce. Je voulais tout prendre. C’était fascinant pour un jeune acteur. »
Pourtant, derrière cette énergie explosive qui faisait sa renommée, Louis de Funès apparaissait aussi sous un autre jour. Gérard Darmon a été surpris par la mélancolie qui émanait parfois du comédien lorsqu’il n’était pas en scène :
« Je l’ai trouvé assez calme, même assez triste en fait, oui, dans une autre bulle. Il attendait, il était comme ça, il regardait par la fenêtre, et il y avait Oury qui l’appelait : “Loulou, on y va”. (…) Et tout de suite, il partait. »
Malgré des soucis de santé et la fatigue, De Funès redevenait sur le plateau le Victor Pivert explosif que l’on connaît. Gérard Darmon se souvenait également d’un incident cocasse lors de la scène dans l’usine à chewing-gum :
« On a eu un accident de Funès et moi avec les yeux quand on était dans la pâte à crêpe. Enfin, dans le chewing-gum, qui était en réalité de la pâte à crêpe avec du colorant, ça a pris 15 jours au lieu de deux ! J’ai vécu 15 jours avec de Funès, on se mettait des petites goutes dans les yeux. »
Témoin privilégié de cette période, Gérard Darmon garde le souvenir d’un Louis de Funès concentré, parfois ailleurs, mais toujours impeccable dans son art. Ces quelques jours passés aux côtés de la légende lui ont laissé une empreinte indélébile, preuve que côtoyer un monstre du cinéma peut marquer à jamais.
