Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Médecin omniprésent dans le paysage audiovisuel français, Michel Cymès n’a jamais hésité à bousculer les idées reçues sur nos habitudes quotidiennes. Régulièrement, il s’attaque à des gestes banals que l’on croit anodins. Parmi eux, la consommation de café, au cœur de nombreuses études scientifiques. Et ses mises en garde sont loin d’être anecdotiques.
Figure incontournable de la vulgarisation médicale, Michel Cymès s’est imposé depuis plus de vingt ans comme l’une des voix les plus écoutées lorsqu’il s’agit de santé publique. Le médecin parisien, connu pour son ton direct et accessible, a souvent profité de ses chroniques pour rappeler que bien-être et prévention ne se limitent pas à l’activité physique, même s’il en est un fervent défenseur. L’alimentation et les boissons du quotidien restent, selon lui, tout aussi déterminantes.
C’est précisément sur le café que l’acolyte de Marina Carrère d’Encausse s’était penché dans une chronique diffusée sur RTL il y a quelques années. Une boisson consommée massivement, parfois sans mesure, dont les effets sur la santé ont pourtant été étudiés de près. Michel Cymès s’appuyait alors sur deux vastes travaux scientifiques pour nuancer les discours alarmistes longtemps associés au café :
“La première étude est européenne. Elle porte sur plus de 500.000 personnes et a duré 16 ans. Elle pointe l’impact de la consommation de café sur les maladies cardiovasculaires et celles du système digestif : elle en fait diminuer le nombre, et ce dans les dix pays européens (dont la France) où l’étude a été menée.
La seconde étude, américaine, a duré seize ans. Elle a été menée auprès de 185.000 personnes. Il en a résulté que le risque de trépasser était de 12% inférieur pour les buveurs de café que pour les non-buveurs. Pour être franc, les chercheurs ne sont pas parvenus à prouver le lien de cause à effet. Ils se sont juste contentés de souligner ce qu’ils observent.”
Des conclusions qui allaient à contre-courant de l’image négative longtemps véhiculée autour du café. Toujours sur RTL, Michel Cymès rappelait d’ailleurs que cette boisson avait été accusée, par le passé, de nombreux maux aujourd’hui remis en question :
“On sait quand même que le café est riche en antioxydants – cela doit forcément aider un peu. Mais ce qui est intéressant avec ces études, c’est que l’image du café se trouve transformé. Il faut quand même remettre les choses en perspective. Il y a encore quelques années, on nous disait que le café augmentait le risque de tumeur de la vessie. Et aujourd’hui, on nous explique qu’il sauve des vies.”
Mais si le café peut présenter des bénéfices, le médecin n’a jamais cessé de marteler un principe fondamental : la modération. Une règle trop souvent négligée par les consommateurs réguliers, qui enchaînent les tasses sans compter. Dans la suite de sa chronique, Michel Cymès fixait un cadre très précis, assorti d’une mise en garde claire :
“Mais comme pour tout, il faut rester raisonnable. En la matière, l’idéal c’est trois tasses quotidiennes pour les hommes et deux pour les femmes. En cas de surdosage, la pression artérielle peut augmenter, et le cœur s’accélérer.”
Entre vertus potentielles et dangers bien réels en cas d’excès, le café n’est donc ni un poison ni un remède miracle. À écouter Michel Cymès, tout est affaire de dosage. Dépasser régulièrement le seuil recommandé, c’est exposer inutilement son organisme à des risques évitables. Un rappel salutaire pour des millions de Français accrocs à la petite tasse noire.
